Lors de son témoignage devant le comité des opérations gouvernementales de la Chambre des communes, André Beaulieu, un ingénieur-expert du bâtiment de Gatineau, est venu raconter comment le système mis en place par Travaux publics pour l'entretien des immeubles fédéraux se faisait dans l'obscurité et nuisait aux PME de la région spécialisées dans les services professionnels.
D'entrée de jeu, M. Beaulieu a tenu à expliquer que son entreprise était florissante et que son témoignage visait d'abord et avant tout à expliquer aux députés le système mis en place depuis 1999 par Travaux publics et services gouvernementaux pour la gestion de l'entretien des édifices.
Après avoir répondu à un appel d'offres en bonne et due forme, la firme retenue agit comme gérant de projet et fait ensuite appel à des entreprises sous-contractantes pour des services professionnels. Dans son témoignage, l'homme d'affaires gatinois soutient que les contrats ne passent pas nécessairement sur le système d'appel d'offres public MERX, mais seraient plutôt accordés « sur invitation » à des entreprises accréditées ayant signé un contrat pour offrir leurs services, sans promesse d'obtenir de contrats.
Résultat : les PME ne connaîtraient plus les règles d'attribution des contrats d'entretien accordés par le gérant du projet et n'auraient plus accès aux contrats professionnels selon un processus « transparent et public », comme c'était le cas avant 1999, sous Travaux publics.
Dans la région de la Capitale nationale notamment, c'est la firme SNC-Lavalin Opérations et Maintenance qui est gestionnaire de l'entretien du parc immobilier de 319 immeubles, contrat qui se terminera en 2013. Le hic, selon M. Beaulieu, c'est que les entreprises, comme celle qu'il dirige, Consultants en bâtiment CABA Inc., ne peuvent savoir quand des contrats de services professionnels sont disponibles pour les immeubles fédéraux puisqu'ils ne sont pas nécessairement affichés sur le système MERX. Pour le savoir, il faut constamment faire le tour des chargés de projet de SNC-Lavalin qui donnent les contrats sans qu'il puisse connaître ni les règles, ni le coût.
Sa firme CABA se spécialise dans l'évaluation de l'état des bâtiments et de leur enveloppe extérieure, un domaine d'expertise prisé dans la région en raison de l'âge avancé de nombreux immeubles gouvernementaux.
« Je vois rarement de contrats sur MERX pour l'entretien des édifices fédéraux. Ce n'est pas un système public et transparent. Et si on ne connaît pas les règles, il est difficile d'évaluer la qualité des services donnés et les coûts », a dénoncé M. Beaulieu.











