L'ancienne commissaire aux langues officielles, qui a occupé ce poste de 1999 à 2006, a toujours estimé qu'il s'agissait d'une mesure périmée, s'y attaquant dès 2001 dans un rapport soumis à la présidente du Conseil du Trésor, Pour une fonction publique moderne et bilingue.
« Trouvez-moi une autre compétence qui fait l'objet d'un traitement de la sorte, pour laquelle la rémunération n'a pas été modifiée depuis 35 ans. Cela n'existe simplement pas », a assuré vendredi l'ex-commissaire, en entrevue avec LeDroit.
« Cette mesure n'a plus sa place, et il est fondamental qu'on fasse du bilinguisme une compétence de base, au même titre que les autres exigences professionnelles. »
Les fonctionnaires qui reçoivent la prime bénéficieraient de ces modifications, selon elle, car on reconnaîtrait « à leur juste valeur » leur capacité à s'exprimer dans les deux langues, tout comme sont reconnues les autres compétences requises pour occuper un poste.
Pas une priorité
Mais cela ne semble pas faire partie des priorités gouvernementales actuelles, reconnaît-elle.
L'actuel commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, ne s'est pas encore penché sur la question de la prime au bilinguisme, a indiqué le porte-parole du commissariat, Robin Cantin.
En 2005, le comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes s'était lui aussi prononcé en faveur de l'abolition de la prime. Dans un rapport d'une quarantaine de pages, intitulé Enjeux relatifs au bilinguisme dans la fonction publique fédérale, le comité émettait 14 recommandations afin d'assurer la pleine mise en oeuvre de la loi sur les langues officielles.
L'une d'elles était d'abolir la prime, tout en renforçant les exigences linguistiques pour les cadres.












