Notre collègue Charles Dubé a reçu cette lettre, hier matin. Si une faute admise est à demi pardonnée, VIA Rail ne s'est pas fait d'ami dans la communauté francophone de l'Ontario et de l'Outaouais.
« Ils devaient savoir qu'il leur fallait envoyer une lettre en français, j'avais fait ma réservation en français », a indiqué M. Dubé, disant même avoir dénoté quelques fautes d'orthographes dans la lettre d'excuses, qui mentionne que les 323 clients touchés par la panne seront complètement remboursés.
« Please accept our sincere apologies for the inconvenience caused to you [...] We would welcome the opportunity to serve you again soon », écrit, 'sincerely', le chef du service à la clientèle de VIA Rail, Steve Del Bosco.
L'ex-député de Prescott-Russel à l'Assemblée législative de l'Ontario et ancien président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Jean Poirier, fulminait, hier, après avoir lu et entendu les nouvelles de cette cacophonique évacuation unilingue de dimanche, et ces maladroites excuses d'hier.
« J'ai utilisé cette ligne, Toronto-Ottawa, une fois par semaine, pendant ma carrière politique. À chaque fois, dit M. Poirier, j'ai eu affaire à des gens bilingues. Là, ça n'a pas de bon sens. 40 ans après l'adoption de la Loi sur les langues officielles, on en est là. Ce sont tous les francophones qui sont insultés. Est-ce que maintenant, ce n'est pas une priorité que les jeunes ne soient pas bilingues à l'embauche ? »
Impératif français
Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, affirme qu'il n'y a rien là de surprenant. « C'est loin d'être la première fois que la clientèle des sociétés fédérales se sente lésée, note-t-il. C'est une absence de leadership du gouvernement canadien en matière de respect des francophones. »
« Quand je vais à Montréal, je peux être servi dans les deux langues, alors pourquoi, en Ontario, on ne pourrait pas aussi être servis de la même façon. »













