Mercredi, la police de Gatineau retenait la thèse de la pluie et de la vitesse pour expliquer la perte de contrôle du véhicule, qui a fini sa course dans un poteau de signalisation.
Hier, aucun porte-parole de la police n'était disponible pour confirmer que la thèse de la vitesse était bel et bien rejetée, mais des proches des trois jeunes impliqués ont indiqué que le facteur vitesse n'était plus considéré comme mercredi.
De nombreuses sources confirment que la voiture d'Alexandre Soares roulait à 75 kilomètres à l'heure dans une zone de 70 km/h, près du boulevard Labrosse, vers 10 h 50.
Un ami proche des trois jeunes, a fait parvenir un courriel au Droit, hier, dans le but de pouvoir «...sauver l'intégrité de mon ami Alexandre. C'est un bon jeune homme avec de bonnes valeurs et je ne veux pas que son nom soit associé à : « tin, tin, un autre jeune qui fait le fou au volant puis qui tue quelqu'un.. Les jeunes d'aujourd'hui... Je vous laisse deviner la suite parce que je suis sûr que vous avez déjà entendu la chanson que je qualifie de barbante ! »
Martin Gagnon, qui joue au football avec Michel Simard, a entendu la même version des faits. « Il y en a d'autres qui roulaient derrière lui et ils ont dit qu'il (Alexandre Soares) ne roulait qu'à environ 70 km/h. »
Un autre ami du conducteur Alexandre Soares, qui n'a pas voulu s'identifier, a partagé l'avis de Martin. Il ne pouvait pas rouler à plus de 70 km/h, soutient-il. C'est la pluie qui a formé une flaque d'eau près du poteau et l'auto d'Alex a fait de l'aquaplanage.
« Alex s'en veut vraiment, disait Valérie Lavoie, une amie et étudiante de secondaire 4. Hier (mercredi), il criait sa détresse tellement il s'en veut ».
Monument
Le poteau de signalisation qui a mis fin aux jours de Michel Simard s'est transformé en monument d'adieu à ce membre de l'équipe de football de la polyvalente Nicolas-Gatineau.
Hier, des dizaines d'élèves de la polyvalente ont marché sur le boulevard Labrosse, jusqu'au boulevard Maloney, là où le jeune Simard a perdu la vie. Pour l'occasion, des policiers de Gatineau ont escorté les jeunes en larme, transportant des fleurs et des souvenirs d'un confrère et d'un ami que tout le monde considérait exceptionnel.
Mercredi, la voiture d'Alexandre Soares a fait de l'aquaplanage et heurté le poteau, ne laissant aucune chance au passager avant. Assis en arrière, Thierry Guindon a été gravement blessé, et repose toujours dans un état critique. Le conducteur s'en est tiré avec une jambe cassée et des blessures aux côtes. Selon plusieurs amis, le conducteur a obtenu son permis de conduire en juin dernier.
La voiture, qui s'était enroulée autour du poteau sous la force de l'impact, a fait place, hier, à des jeunes éplorés, écrivant des massages, apposant un ballon de football et un chandail de l'équipe de la victime.
« Le bébé »
Le parrain de Michel Simard, Claude Simard, regardait la manifestation avec beaucoup d'émotion. « On ne pensait être que deux, ma femme et moi, et de les voir tous ici, ça nous touche », a-t-il lancé. C'était le bébé de sa famille, le plus jeune des quatre frères. On l'appelait Bébé Michel, des fois. »
La famille Simard est « démolie », de l'aveu même du parrain de la victime. « Son père ne le réalisait pas, mercredi. Il disait : 'on est plus 6, on est 5. »
M. Simard tenait à adresser un message clair aux jeunes. « On va s'en servir, des médias. Même si on sait maintenant que la vitesse n'était pas forcément un facteur dans l'accident, il faut tout de même que ce soit plus dénoncé que cela. La vitesse, c'est pas cool. Les jeunes pensent qu'ils sont invincibles. Je ne dis pas que ce qui est arrivé est le résultat d'une mauvaise conduite, mais, 16 ans, c'est trop jeune pour avoir un permis de conduire. Les permis, ça devrait être à 18 ans. »
M. Simard, visiblement ébranlé, pensait aussi à ce que devra traverser le jeune conducteur. « C'est Alex, le conducteur, qui s'en sort le mieux physiquement, mais c'est lui qui devra vivre avec ce drame toute sa vie. »















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