M. Lahey est arrivé au quartier général de la police, hier, dans le camion utilitaire sport (VUS) de son avocat, Me Michael Edelson, vers 13 h 30.
Le religieux n'a pas dit un mot en marchant les quelques mètres qui séparaient le VUS de la porte d'entrée du poste de police de la rue Elgin. Les caméras et les micros n'ont pu que capter quelques secondes d'un homme silencieux, marchant en civil, sans soutane, jusqu'aux enquêteurs.
« Nous avons reçu l'appel de son avocat, ce matin (hier), qui nous disait que son client allait se rendre à nos enquêteurs au courant de la journée », a mentionné le porte-parole de la police d'Ottawa, Alain Boucher.
Accusations
Raymond Lahey a été formellement accusé en fin de journée de possession et d'importation de pornographie juvénile, au palais de justice d'Ottawa.
Il a été libéré sous de strictes conditions, et devra revenir devant le juge le 4 novembre prochain.
Un mandat d'arrêt a été émis contre l'homme de 69 ans après la découverte par des douaniers d'images compromettantes dans son ordinateur, au retour d'un voyage en Europe, la semaine dernière. La police d'Ottawa a ensuite saisi d'autres appareils électroniques appartenant à Raymond Lahey.
L'ex-évêque a été remis en liberté une première fois, après son arrivée au pays, le temps pour lui de se rendre à Antigonish, où il était évêque, en Nouvelle-Écosse, pour démissionner de ses fonctions qu'il occupait depuis 2003. Le Vatican a accepté sa requête et le mandat d'arrestation a été rendu public par la suite.
Il y a quelques semaines, le diocèse de Lahey a conclu une entente de 15 millions $ avec des présumées victimes d'agressions commises par des prêtres de son ancien diocèse, alors que les victimes alléguées étaient enfants.
« Ne pas généraliser »
Dans le diocèse de Gatineau, le porte-parole René Laprise a évoqué que ces événements créaient « douleur et tristesse ». M. Laprise tient à ce que ce genre de nouvelle ne provoque pas de généralisation dans l'opinion publique concernant l'Église.
« Une situation comme celle-là ne doit pas nécessairement faire oublier le reste, espère M. Laprise. Comme les scandales financiers, où cela ne doit pas porter ombrage aux institutions bancaires et à la majorité des gens honnêtes. »
L'archevêché d'Ottawa n'a pas commenté l'affaire.
Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), Monseigneur V. James Weisgerber, a brièvement commenté la situation dans le site Internet de la CECC.
« Tout en étant surpris et attristé de la nouvelle, il ne m'appartient pas, à titre de président de la Conférence, de commenter les motifs d'accusation. Comme l'ensemble de la population canadienne, et plus particulièrement les membres de l'Église catholique, je n'ignore pas à quel point il est important que ces graves accusations fassent l'objet d'une enquête approfondie de la part des instances judiciaires compétentes. »
En juin 1992, la CECC a adopté un rapport intitulé De la souffrance à l'espérance, qui traite des agressions sexuelles contre les enfants. Le document de 90 pages fait la promotion de la conciliation et de la justice envers les victimes et les autres personnes impliquées, de la diligence et du respect des instances civiles.
AVEC LA PRESSE CANADIENNE












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