À eux seuls, les policiers de Gatineau ont émis 1480 constats au cours de cette période, alors que leurs homologues de la MRC des Collines en ont émis 157 et la Sûreté du Québec en Outaouais, plus de 376.
« Je vois généralement trois à quatre automobilistes qui ont le cellulaire en main, lorsque je suis sur la route. Jeudi dernier, j'ai intercepté une dame qui parlait au téléphone avec son conjoint. Cinq minutes plus tard, c'est le conjoint que j'ai intercepté pour les mêmes raisons. La justification la plus fréquente est : j'ai oublié mon 'main libre' dans mon autre véhicule, à la maison, ou autres », fait remarquer le porte-parole de la MRC des Collines, l'agent Martin Fournel.
« Je vois généralement trois à quatre automobilistes qui ont le cellulaire en main, lorsque je suis sur la route. » - L'agent Martin Fournel
Hier midi, LeDroit a voulu examiner les habitudes de conduite des automobilistes d'Ottawa, où l'usage du cellulaire est permis encore jusqu'à lundi.
En 15 minutes seulement, la journaliste a aperçu huit automobilistes tenant un cellulaire d'une main et le volant de l'autre, à l'intersection des rues Sussex et Murray au marché By.
Comportements dangereux
Le conseiller municipal et président de la Commission des services policiers d'Ottawa, Eli El-Chantiry, estime que le gouvernement ontarien a manqué une occasion d'inclure dans la nouvelle loi d'autres comportements dangereux sur la route.
« Le matin, je vois des femmes sur l'autoroute qui se maquillent, des gens qui lisent les journaux, qui boivent du café et qui mangent ou qui conduisent avec leur chien sur leur ventre », fait-il remarquer.
Les dangers du « main libre »
Selon une étude réalisée par le Sunnybrook and Women's College Health Sciences Centre auprès de 699 conducteurs ontariens, ceux utilisant le cellulaire au volant étaient quatre fois plus susceptibles d'être impliqués dans une collision que les autres.
« Quand on parle au cellulaire ou avec un 'main libre', on est virtuellement hors du véhicule. On est soit avec sa femme en train de discuter du menu du soir ou au travail avec un collègue », fait remarquer le président de la Table québécoise de la sécurité routière et fondateur d'Opération Nez Rouge, Jean-Marie De Koninck.
Le spécialiste souligne que selon les études, le temps de réaction d'un automobiliste parlant au téléphone en conduisant est réduit d'une demi-seconde.
Selon lui, le main libre crée un sentiment de fausse sécurité.
« Quand on parle au téléphone, il y a un effet tunnel qui se crée et qui fait en sorte que le champ de vision est réduit. L'automobiliste voit loin devant, mais moins sur les côtés », précise-t-il.
Selon M. Koninck, la solution passe par plus d'éducation et de sensibilisation auprès des conducteurs, comme l'État l'a fait pour l'alcool au volant.












