La loi est claire à ce sujet. Un passager est un humain. Pas un toutou, ni un animal. Mardi et mercredi matin, le même conducteur a tenté de fourvoyer la patrouille du Service de police de Gatineau, sur le boulevard Fournier, mais sans succès.
Il y avait bien une passagère - une vraie - à l'avant, mais le policier n'a pas mis de temps à remarquer le subterfuge à l'arrière du véhicule.
Le patrouilleur y a vu un ourson en peluche, soigneusement vêtu comme un bambin, placé dans un siège pour enfants, sur la banquette arrière. Le conducteur a cru bon de protéger l'ourson du froid automnal avec une tuque et un foulard. Pas de danger pour la peluche en cas d'accident : son siège était bien fixé et lui, bien attaché.
« L'automobiliste a reçu un premier constat, mardi. Il a probablement pensé qu'il ne se referait pas prendre, et a recommencé. Il s'est fait arrêter à nouveau le lendemain, avec le même ourson en peluche », a raconté la porte-parole de la police de Gatineau, Isabelle Poirier.
Coût de ces tentatives manquées : deux constats de 144 $ chacun. Un total de 288 $ pour avoir utilisé illégalement une voie réservée avec la complicité d'un toutou.
400 infractions depuis septembre
Ces infractions s'ajoutent aux 400 déjà relevées par les policiers de Gatineau depuis septembre, pour le même type de comportement - le toutou en moins - sur les voies réservées.
« Les autobus, les taxis et les véhicules à bord desquels il y a trois personnes et plus doivent pouvoir compter sur les avantages qu'offrent les voies qui leur sont réservées », a écrit hier l'agente Poirier, dans un communiqué.
Gatineau compte 25 kilomètres de voies réservées, destinées à réduire l'achalandage sur les artères importantes de la ville.
« Même l'idée la plus farfelue n'est pas payante. Son toutou lui coûte cher... », a lancé hier la porte-parole de la Société de transport de l'Outaouais (STO), Céline Gauthier.
« Ça peut être aussi déplaisant pour l'usager du transport en commun qui voit un conducteur seul dans la voie réservée que pour l'automobiliste qui respecte les voies réservées, et qui se fait dépasser par ce type individu », poursuit-elle.
« Un autobus équivaut au retrait de 50 voitures sur la route. Si, demain, tout le monde cessait de prendre l'autobus, on aurait un malheureux problème de congestion. Si on pense qu'on a des problèmes présentement à Gatineau, ce serait quoi alors ? », se demande la porte-parole de la STO.












