Les gangs criminalisés ont fait sentir leur présence l'année dernière, s'affichant pour la première fois depuis 2007 dans les données de Statistique Canada.
En 2008, trois meurtres ont été associés aux gangs criminalisés à Ottawa, contre un à Gatineau. Aucun cas d'homicide relié aux gangs n'a été rapporté dans la région en 2007. Il faut remonter à 2003 pour voir autant de morts se rapportant au phénomène, alors que Gatineau et Ottawa avaient vu chacune deux homicides du genre.
Globalement, les policiers d'Ottawa ont ouvert 11 enquêtes pour homicide en 2008, et ceux de Gatineau en ont entamé quatre. « C'est relativement bas », résume Warren Sylver, de Statistique Canada, qui tient compte du taux par tranche de 100 000 habitants, soit 1,20 pour Ottawa et 1,35 pour Gatineau. La moyenne nationale est de 1,83 pour un total de 611 homicides.
À titre de comparaison, l'ouest du pays est durement touché, alors que Winnipeg, avec 31 homicides, est en tête de liste avec un taux de 4,07 pour 100 000 habitants. Toronto, avec une population beaucoup plus grande, a été témoin de 103 homicides.
Pour Irvin Waller, criminologue de l'Université d'Ottawa et auteur du livre Lutter contre la délinquance : Comment le tout répressif tue la sécurité, les récentes mesures du gouvernement conservateur n'ont pas eu d'effet sur le phénomène grandissant des crimes liés aux gangs de rue dans la région et ailleurs au Canada. « Les peines plus sévères, par exemple, ne font pas en sorte qu'il y ait moins de gangs. Ce phénomène est lié à la pauvreté. Mettre les gens en prison n'est pas la solution. »
Ottawa mieux équipée
Selon l'expert, la Ville d'Ottawa est mieux équipée que Gatineau au chapitre de la prévention. « Ottawa, avec la répression, s'est attaquée aux causes qui font en sorte qu'une personne joigne un gang criminalisé. Les intervenants se sont organisés rapidement pour aboutir à un diagnostic. Les policiers et le reste de la communauté ont pris le problème par la racine. Gatineau n'a pas cela », dit-il, malgré la naissance de l'Escouade régionale mixte sur les gangs de rue, cet été, en Outaouais.
Sans faire d'association avec les homicides liés aux gangs, Statistique Canada confirme que trois des 11 meurtres commis à Ottawa en 2008 mettent en scène une arme à feu, contre un seul à Gatineau.
« Au cours des 30 dernières années, l'utilisation des armes de poing pour commettre un homicide a généralement été à la hausse, alors que l'utilisation des carabines et des fusils de chasse a, dans l'ensemble, diminué », lit-on dans le rapport de Statistique Canada.











