En juillet dernier, LeDroit rapportait qu'Omar Ali contestait sa contravention, qualifiant l'agent de méconnaissable, puisqu'il portait un pantalon de camouflage et une casquette non conforme, dans le cadre de moyens de pression syndicaux. L'agent se trouvait derrière sa voiture banalisée, aussi difficile à reconnaître, selon le plaignant.
Cet immigré somalien a même dit croire « à un tireur fou » caché derrière sa voiture, tenant une arme, qui n'était en fait que le cinémomètre servant à mesurer la vitesse des véhicules lors d'opérations radar.
Comme un flashback
Hier, devant le juge Pierre Isabelle, il a fait valoir que les horreurs de la guerre vécues dans son pays natal lui étaient revenues comme un flashback et c'est pourquoi il dit avoir accéléré au lieu d'immobiliser son véhicule. Le conducteur roulait à 58 km/h dans une zone de 30 km/h.
« Je comprends ce qui a pu se passer en Somalie, mais à ce moment-là (l'intervention policière), ça se passe dans le secteur Aylmer, en plein après-midi », a dit le juge Isabelle.
Débouté devant la cour municipale le 4 mai dernier, M. Ali avait obtenu la permission de porter son dossier en appel devant la Cour supérieure. Mais son dossier a été rejeté, hier, le juge ne croyant pas plus la version du plaignant qu'à la première occasion.
« Je vais payer ma contravention (100 $ plus les frais) », a affirmé M. Ali à la sortie de la salle d'audience, qui maintient quand même que le policier était difficile à reconnaître.
Les policiers de Gatineau, en conflit avec leur employeur, portent le pantalon de camouflage ou le jean, afin d'exprimer leur mécontentement. Le port de la casquette non conforme est aussi chose courante.
Le 25 février dernier, Omar Ali circulait sur le boulevard Wilfrid-Lavigne, secteur Aylmer, lorsqu'il a vu une silhouette tenir un objet suspect en main.
« Monsieur aurait très bien
pu tourner sur une autre rue
au lieu de passer devant le policier, pour se protéger », a fait valoir Me Claudine Lacasse, la procureure de la Ville de Gatineau.
Statu quo
Une victoire de M. Ali aurait pu ouvrir une porte pour empêcher les policiers de se vêtir ainsi. Les policiers réitèrent plutôt à nouveau leur droit de porter le costume non conforme, comme l'a statué le Conseil des services essentiels, au début du mois de juillet.











