Les faits allégués devant la cour ont duré environ 7 mois. Isabelle (nom fictif) avait 6 ans à l'époque.
Isabelle a d'abord écouté son agresseur, un homme de 58 ans, affirmer au juge Raymond Séguin qu'il essayait toujours d'oublier ce qu'il a fait dans les années quatre-vingt-dix. Après avoir plaidé coupable, l'accusé a dit qu'il ne pouvait demander pardon à sa victime, mais qu'il insistait quand même pour s'excuser. « Le soir quand tu te couches, tu ne peux pas dormir, a-t-il dit de sa vie d'aujourd'hui. Tu perds ta femme et tes enfants... »
« Ce n'est pas parce qu'il ira en prison que je vais aller mieux. Mais il est temps que ça finisse. »
Isabelle
Puis, la jeune femme, qui pleurait à l'arrière de la salle de cour en entendant tout cela, a accepté de se lever, de s'avancer, et de parler à son tour. « Ça fait 15 ans que je vis avec cela, a affirmé la jeune victime, pleurant à chaudes larmes. Je ne suis pas ici pour prendre ma revanche. Il a été un père pour moi. Ce n'est pas parce qu'il ira en prison que je vais aller mieux. Mais il est temps que ça finisse. »
Isabelle a dit avoir des problèmes affectifs découlant de ces gestes posées dans les années quatre-vingt-dix. Elle affirme avoir de la difficulté à s'impliquer totalement dans une relation amoureuse. La jeune victime a dit avoir tenté de se suicider à l'âge de 12 ans.
L'accusé suit aujourd'hui une thérapie de groupe, ce que son avocat André Nault a fait valoir au juge pour réclamer une peine d'emprisonnement dans la communauté d'une durée de moins de deux ans. La Couronne demande quant à elle de 24 à 30 mois de pénitencier.
« S'il fait des traitements, je suis fière de lui, a lancé Isabelle. Mais moi aussi, je suis une thérapie. »











