Selon les proches de la victime, la force utilisée par le policier Pierre-François Blais, lors de son intervention auprès de l'homme de 35 ans, était abusive.
« Nous ne serons satisfaits que lorsqu'il y aura une enquête publique », a lancé hier Cindy Leclair, toujours éplorée par la mort de son frère, survenue le 28 juin 2008 devant la résidence familiale du 16, rue Conroy, dans le secteur Aylmer.
Ce jour-là, l'agent Blais intervenait seul dans une affaire de violence conjugale impliquant M. Leclair.
Le 10 septembre dernier, la coroner en chef, Dre Louise Nolet a écrit au procureur de la famille Leclair, Me Ronald Bélec : « Le rapport d'investigation [...] répond parfaitement à toutes les questions devant être répondues par le coroner, à savoir l'identité de la personne décédée, la date, le lieu ainsi que les causes et les circonstances de son décès. Pour ces motifs, il n'est pas dans mon intention d'ordonner une enquête publique », lit-on dans la correspondance que la famille Leclair a confié aux médias.
Lettre au ministre
Me Bélec a fait parvenir une lettre au cabinet du ministre Dupuis, le 23 novembre dernier, pour soutenir la nécessité d'une enquête publique. « Il est facile de conclure dans les circonstances qu'il s'agit d'une enquête bâclée où le coroner n'a retenu que la version du policier impliqué sans avoir pris la peine de vérifier la version de cinq témoins oculaires de l'incident en question l'impliquant lorsqu'il a abattu David Leclair en le tirant avec son arme à trois reprises dans le dos et sur un bras », peut-on lire.
Me Bélec signifie dans cette même missive que la famille demandera l'intervention de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale si aucune enquête publique n'est déclenchée.
Hier, le cabinet du ministre Dupuis a mentionné qu'il revenait au coroner en chef de recommander une enquête publique. On assure que toutes les correspondances envoyées par la famille ont été lues et qu'elles ont fait l'objet d'un accusé de réception.
La porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Guilbault confirme que cette décision du coroner en chef peut être renversée par le ministre lui-même, mais qu'il faut « des circonstances exceptionnelles » pour faire volte-face. « Le coroner peut revenir sur sa décision, mais la demande doit être formelle, avec des éléments nouveaux », a-t-elle expliqué.
Dans son rapport, le coroner Dominique Gouriou-Berrou explique que trois balles ont bel et bien atteint M. Leclair. L'une est passée du bras droit au bas du thorax, jusqu'au foie. La seconde a traversé le bras gauche pour s'arrêter dans le flanc droit de l'abdomen. Le troisième projectile a atteint le flanc gauche, puis la paroi abdominale. « Un seul coup de feu devait être suffisant », croit Cindy Leclair.












