La «Hillbilly heroin» gagne en popularité

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Les revendeurs et les toxicomanes des deux côtés de la rivière des Outaouais... (Photothèque)

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Louis-Denis Ebacher
Le Droit

Les revendeurs et les toxicomanes des deux côtés de la rivière des Outaouais recherchent de plus en plus de l'OxyContin, un puissant analgésique qui provoque des effets et une dépendance s'apparentant à l'héroïne, lorsque consommée en forte dose.

Le sergent d'État-major à la police d'Ottawa, Don Sweet,

surnomme cette drogue « Hillbilly heroin », en raison de son

coût relativement bas par

rapport à l'héroïne. « Un comprimé peut se vendre 30 $ sur le marché noir, et 20 $ pour une dose plus faible. »

Les pharmacies sont trop vulnérables au vol de médicaments comme l'OxyContin, et elles devraient prendre exemple sur les banques, estime le policier.

Le sergent Sweet prépare une rencontre avec les responsables de la sécurité des pharmacies de la capitale. Il remarque trop souvent l'absence de caméras de surveillance à proximité des comptoirs à prescriptions.

« Il y a des caméras ailleurs dans les rayons, mais nous réussissons trop rarement à obtenir une description précise du voleur, car l'image est prise de loin. Dans les banques, il y a un bon nombre de caméras et les employés sont bien préparés. »

Deux types de personnes s'acharnent sur les pharmaciens, soit les toxicomanes et les revendeurs.

« Les plus jeunes sont mieux organisés. Ils volent pour revendre. Ils passent une note exigeant le médicament au pharmacien. L'autre type, plus vieux, est le toxicomane qui se présente parce qu'il a besoin de consommer. Ça se voit sur la vidéo, lorsque c'est filmé », mentionne le sergent Sweet.

Les pharmaciens devraient diminuer leur inventaire d'OxyContin, et le placer dans un coffre dont l'accès n'est réservé qu'à une seule personne.

Les policiers de Gatineau comptent cinq vols en un mois. Ceux d'Ottawa ont récemment arrêté un couple qui forçait des plus jeunes à accomplir leur sale besogne.

Fausses prescriptions

L'inspecteur de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Josée Morin, a déjà travaillé en Outaouais, et a connu le phénomène des vols de carnets de feuilles de prescriptions chez les médecins.

« Les malfaiteurs remplissaient une fausse prescription, en copiant la signature de leur médecin, puis se rendaient chez le pharmacien. L'OxyContin était déjà prisé sur le marché noir en 2008. »

Les faux clients peuvent parfois demander jusqu'à 60 comprimés, soit deux fois la quantité normalement prescrite chez un vrai patient.

« Les gens sont bien organisés, dit Mme Morin. Ils sont nombreux à s'en procurer et arrivent avec leur propre prescription. »

Les pharmaciens sont davantage sensibilisés à cette pratique. Il arrive de plus en plus que les voleurs utilisent la menace ou la force pour obtenir ce qu'ils veulent, précise la police d'Ottawa.

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