Un élan de générosité a envahi de nombreux résidents de l'Outaouais, pressés de venir en aide aux victimes qui ont tout perdu, lundi soir. Les organismes d'aide aux sinistrés apprécient le mouvement, mais demandent à ce que les dons matériels et monétaires soient retenus jusqu'à lundi. Les principaux intervenants dresseront alors la liste précise des besoins des résidents touchés.
« Les gens veulent donner tout de suite, mais nous n'en sommes qu'à nous occuper des personnes et de leur état de santé », explique Louise Guindon, des ?uvres Isidore Ostiguy.
« En attendant la journée de lundi, propose-t-elle, les gens peuvent préparer ce qu'ils ont à donner. Bien laver les vêtements, bien les plier, s'assurer que les meubles et les appareils soient en bon état, nettoyer les électroménagers », rajoute une autre responsable, Diane Tremblay, d'Entraide familiale de l'Outaouais.
« On ne veut pas de poêle électrique avec seulement deux ronds qui fonctionnent, ni de vêtements pas propres. Parfois, les gens donnent n'importe quoi, dit Mme Tremblay. De la vaisselle, c'est bien, mais en passant, des tasses, on en a déjà beaucoup ! »
Dons en argent préférés
Tous les bureaux d'aide sont fermés cette fin de semaine, et il est fortement déconseillé de laisser les articles devant les portes des organismes, afin d'éviter les vols et le vandalisme.
Les organismes communautaires estiment plus simple de gérer des dons en argent que des biens matériels. Cela permet de conserver l'espace dans les entrepôts, tout en laissant une plus grande liberté d'action aux intervenants sociaux et communautaires. « Ceux qui veulent nous apporter leur chèque, c'est à partir de lundi, au bureau. »
Un fond dédié pourrait être créé à l'attention des victimes, la semaine prochaine, a fait savoir Mme Tremblay.
« Les gens peuvent nous apporter leurs articles ou nous pouvons aller les chercher. Mais nous n'avons qu'un seul camion, alors ce sera impossible de faire 50 cueillettes en une seule journée. Les gens devront être patients », a-t-elle mentionné.
Moments difficiles
La détresse est toujours bien vive chez les sinistrés, témoigne Mme Guindon, qui a passé la journée d'hier avec ceux-ci.
« Certains ont rencontré des psychologues. Ils ont validé des flashs et ces rencontres leur ont permis de se prouver qu'ils n'étaient pas fous, qu'ils ne devaient pas se sentir coupables de leurs pensées. »
Mme Guindon raconte qu'un résident originaire du Cambodge est arrivé au pays dans la même semaine de l'incendie, que d'autres n'ont que des passeports chinois ou n'ont plus de pièce d'identité.
« Un père attendait sa famille qui devait arriver d'Asie. Il les a rappelés pour leur dire de ne pas venir, car il n'avait plus de toit. »












