Pour avoir soutiré 213 000 $ à son employeur

Une ex-joueuse pathologique écope de deux ans dans la collectivité

Sur le même thème

Louis-Denis Ebacher
Le Droit

Le jeu pathologique force la main de la misère et encourage des gestes qui coûtent plus chers qu'une mise perdue. La maladie du jeu a poussé la responsable du service de paie d'une épicerie à s'octroyer elle-même des salaires supplémentaires, en utilisant le nom de 21 ex-employés.

Les remords marquent aujourd'hui la vie d'Hélène Bussière, qui, pendant plus d'un an, a soutiré 213 000 $ d'un IGA du secteur Aylmer, pour jouer aux machines à sous du Casino du Lac-Leamy.

Hélène Bussières, qui a plaidé coupable à la première occasion, en octobre 2009, a reçu une sentence de deux ans d'emprisonnement dans la collectivité, jeudi. Elle a admis sa faute dès que la direction de l'entreprise a regardé de plus près ses colonnes comptables.

La gorge nouée, Mme Bussière a mentionné qu'un décès dans sa famille l'avait amenée à jouer de façon maladive. « Avant ça, je pouvais jouer une fois aux trois ou quatre mois, avec 40 $, socialement », a-t-elle expliqué au juge Pierre Chevalier.

Honte et regrets

« Ce n'est pas moi. J'ai honte, a-t-elle confié à la cour. Avant le jeu, je n'aurais pas pris un sou noir à personne. »

Son stratagème a pris fin avec l'achat du marchand indépendant IGA par Sobeys. Le vérificateur avait remarqué des irrégularités, et la responsable du service de la paie, sentant que la situation devenait critique, a décidé de tout avouer à son employeur.

Le service de la paie déposait de l'argent dans le compte de la responsable elle-même. Les noms de 21 personnes, qui n'étaient plus à l'emploi du commerce, étaient quand même utilisés.

Mme Bussière avait pris la peine d'inscrire son propre numéro d'assurance sociale pour chaque paie, afin d'éviter à ces derniers de payer de l'impôt, et de s'assurer qu'elle seule ne soit redevable devant le gouvernement.

Pas moins de 191 transactions ont été effectuées pendant cette période. L'accusée s'est dite surprise, lorsqu'elle a pris connaissance de l'ampleur de la fraude.

« J'ai été la première surprise à voir le montant faramineux. Je ne me rendais pas compte des montants que je pouvais jouer. Je croyais que c'était quelque chose comme 20 000 $ ou 40 000 $. »

L'assureur a remboursé 200 000 $ à l'entreprise, et Mme Bussière, qui a presque tout perdu - à l'exception de sa famille - dit tenir à rembourser la différence de 13 000 $. « Sobeys n'a pas à payer pour mes niaiseries. »

Dès les premiers instants suivant la découverte de sa fraude, la femme a demandé de l'aide auprès de Loto-Québec, qui l'a dirigée vers un centre de thérapie.

Depuis, Hélène Bussière s'est trouvé un autre emploi dans lequel elle ne touche pas à l'argent, et dans lequel ses patrons, au fait du drame de sa vie, lui font confiance. Elle n'a pas rejoué depuis 25 mois.


publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer