Pour d'autres, cela reflète plutôt l'ampleur du pétrin financier de près de 25 milliards de dollars dans lequel l'Ontario est plongé.
« Les coûts ont énormément augmenté en ce qui concerne les évaluations du projet. Je pense que nous devons maintenant nous asseoir, calmement, en discuter sérieusement et décider ce qui est abordable pour tous », avait indiqué le premier ministre plus tôt cette semaine.
Pour le conseiller municipal Georges Bédard, il ne fait aucun doute que le projet de train léger, dont l'estimation des coûts est passée de 1,4 milliard à 2,1 milliards pour la première phase, est devenu hautement politique.
Après l'intervention dans le dossier du ministre fédéral des Transports, John Baird, durant la campagne électorale municipale de 2006, le conseiller Bédard fait maintenant allusion aux récentes interventions du ministre ontarien des Affaires municipales, Jim Watson, dont les rumeurs le disent candidat à la mairie d'Ottawa en 2010.
« Il prépare le terrain pour se présenter comme le sauveur du projet. Ce serait une bonne approche », indique le conseiller du quartier Rideau-Vanier. « On veut montrer que la Ville est hors contrôle et qu'elle a besoin d'un changement », ajoute-t-il.
M. Bédard est persuadé que le dossier du train léger sera au coeur de la prochaine campagne.
Le cas de Metrolinx
Comme plusieurs de ses collègues, l'élu comprend mal comment la province refuserait d'octroyer 700 millions à Ottawa, alors qu'elle a financé à coups de milliards les projets de transport en commun du Metrolinx, dans la région du grand Toronto.
« Est-ce une question de votes ? Parce que [...] ce sont des secteurs dont ils ont vraiment besoin pour assurer la survie de leur gouvernement ? », questionne M. Bédard.
La ministre et députée d'Ottawa-Vanier, Madeleine Meilleur, juge la comparaison boiteuse.
« Ça ne se compare pas. Le Metrolinx représente 7 millions d'habitants et englobe environ 27 municipalités », fait-elle valoir.
La ministre se dit inquiète de la façon dont évolue le dossier.
Le projet change de plan régulièrement, tout comme les coûts, dit-elle. « Les gens d'Ottawa se fient sur nous pour s'assurer qu'il s'agit d'un bon plan. »
Pour la directrice du Centre d'étude en gouvernance à l'Université d'Ottawa, Caroline Andrew, la réaction de la province démontre plutôt le sérieux de la crise financière qu'elle traverse. « C'est le premier indice et non le dernier que la province de l'Ontario a des problèmes fiscaux. C'est sérieux », croit-elle.
« La Ville devra faire du lobbying auprès de la province, mais avec des limites d'argent. [...] C'est clair qu'au-delà d'un certain montant la province ne va pas financer », dit-elle.
Le député fédéral d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, ne croit pas qu'il faille revoir à la baisse le projet dont les coûts seront amortis sur plusieurs décennies.
« À mon avis, c'est abordable. Et oui, le fédéral et la province devront y mettre du leur », dit-il.













