Le conseiller Clive Doucet a lancé cette nouvelle salve, hier, contre le projet de construction d'un stade de football qui devra être approuvé ou rejeté par le conseil municipal la semaine prochaine.
M. Doucet accuse la haute administration de la Ville d'avoir été de connivence avec le maire, ainsi qu'un groupe de conseillers, pour conclure une entente avec les promoteurs privés et ainsi mettre fin à un processus d'appel de propositions enclenché pour la revitalisation du parc.
« Tout cela a été une entente conclue derrière des portes closes dès le tout début », indique M. Doucet.
« Il y a eu un effort concerté depuis longtemps pour qu'une entente exclusive soit conclue au sujet du parc Lansdowne, ajoute-t-il. Ça a commencé par des rencontres entre le maire et le directeur général de la Ville et quelques conseillers - nous ne savons pas de qui il s'agit - avant que ne soit retiré le processus d'appel d'offres. »
L'élu, représentant le quartier Capitale, où est situé le parc, a dévoilé des documents lors d'une conférence de presse qui prouvent, selon lui, que c'est le maire qui avait approché les promoteurs privés pour qu'ils présentent à la Ville une proposition de revitalisation du parc Lansdowne.
Cette affirmation est contraire à ce qui avait été véhiculé par le directeur municipal, Kent Kirkpatrick. Ce dernier avait indiqué au conseil, au printemps 2008, que la Ville avait mis fin au concours de design international pour le parc, après avoir reçu une proposition non sollicitée et unique - Lansdowne Live - présentée par les hommes d'affaires Roger Greenberg, Bill Shenkman, John Ruddy et le propriétaire de l'équipe de hockey 67's, Jeff Hunt.
Le conseiller Doucet se base sur un courriel du conseiller Bob Monette dans lequel ce dernier écrit à un résidant : « De ce que je comprends, le maire a, à l'origine, demandé au groupe ce qu'il pensait qui pourrait être fait avec Lansdowne ».
Allégations dénoncées
Les allégations de l'élu ont déclenché la colère de M. Monette qui a répondu que ce courriel référait à la plate-forme électorale du maire sur l'avenir de Lansdowne.
« Clive Doucet se prend pour l'inspecteur Clouseau du Glebe, lance-t-il. Il voit des complots partout et pense qu'il y a un gros Watergate. »
Le maire O'Brien a aussi rejeté les allégations tenues à son endroit par M. Doucet, martelant que le projet était transparent.
Le propriétaire de l'équipe de hockey 67's, Jeff Hunt, a aussi démenti les propos de M. Doucet. « Le maire ne nous a jamais appelés pour nous demander de soumettre une proposition. C'était notre initiative à 100 %, dit-il. La Ville non plus ne nous a pas contactés à ce sujet. »
M. Doucet estime aussi que l'administration municipale a délibérément omis de transmettre certaines informations au conseil. Il mentionne une lettre datée du 18 mars 2008 de la Ligue canadienne de football (LCF) remise aux promoteurs qui, contrairement à ce que croyait le conseiller, n'exige pas que le futur stade soit obligatoirement construit au parc Lansdowne pour qu'Ottawa obtienne une franchise de la ligue.
Le directeur municipal répond que cette lettre avait circulé au conseil à la séance du 2 septembre dernier.
M. Doucet mentionne aussi une étude critique à l'endroit du projet Lansdowne Live, réalisée par le consultant embauché par la Ville, George Dark, et qui a été remise à la Ville il y a plusieurs mois. Le conseil en a pris connaissance que tout récemment, après que ce soient déroulées les consultations publiques.














