Au départ, le directeur de la Ville d'Ottawa, Kent Kirkpatrick, recommandait que le contrat soit octroyé par la municipalité aux firmes Delcan et McCormick Rankin.
Aux yeux du public et de certains élus municipaux, cette décision plaçait toutefois Delcan en situation de conflit d'intérêts, puisque la firme avait aussi été embauchée l'été dernier par OSEG, les partenaires privés du projet de revitalisation du parc Lansdowne, pour réaliser d'autres études sur le transport.
Plusieurs, dont le conseiller Alex Cullen, président du comité de transport en commun, questionnaient l'intégrité du processus, doutant que Delcan puisse produire pour la Ville une étude pleinement objective.
Delcan se retire
La question a été débattue toute la journée, hier, par une réunion conjointe des comités de transports et de transport en commun de la Ville. Une douzaine de résidents et de représentants d'associations ont pris la parole, la plupart contre l'idée d'octroyer le contrat à Delcan.
À la surprise générale, le vice-président de Delcan, Ron Jack, s'est adressé au comité pour l'aviser de son retrait du processus.
« Nous pensons que tout le monde serait plus à l'aise si nous ne sommes pas engagés dans le processus », a-t-il dit.
« Pour plusieurs, c'est une perception de conflit d'intérêts et pour plusieurs c'est une réalité. Nous réalisons suffisamment de travaux pour la Ville sur d'importants projets, de sorte que nous n'avons pas besoin d'être ternis par cela », a-t-il ajouté.
M. Jack a précisé que Delcan pourrait continuer à participer au projet de Lansdowne pour le compte d'OSEG.
Coûts additionnels ?
Le directeur municipal a avisé les élus que le fait de ne pas octroyer le contrat à Delcan risquait d'engendrer des coûts additionnels pour la réalisation de l'étude. Il a aussi dit qu'il serait difficile de respecter les échéanciers du projet, qui doit être approuvé par le conseil en juin prochain.
M. Kirkpatrick a indiqué que la firme McCormick Rankin entreprendrait l'étude avec une autre firme de l'extérieur d'Ottawa, qui sera choisie d'ici la semaine prochaine. Le directeur municipal croit que les échéanciers seront respectés, mais ignore combien il en coûtera.
La somme de 20 000 $ a aussi été approuvée, hier, pour que l'étude, une fois terminée, soit révisée par un groupe d'experts indépendants de l'extérieur d'Ottawa.
Le partenariat de Lansdowne vise à construire un stade de football professionnel, des commerces et un hôtel sur le site. Le comité a aussi approuvé, hier, le cadre de référence de l'étude visant à examiner la problématique du transport, notamment lors des matches et autres événements.
Une victoire
Pour le conseiller Clive Doucet, opposé au projet du parc Lansdowne, le retrait de Delcan constitue une victoire. « L'étude de transport sera plus honnête et on peut espérer un résultat qui montrera que Lansdowne n'est pas le bon site pour un stade », dit-il.
La présidente du comité de transports et conseillère municipale, Maria McRae, a qualifié le dénouement de « victoire pour les résidents », estimant que le processus avait été transparent.
Le conseiller Cullen estime pour sa part que Delcan a pris une sage décision en se retirant. Il est d'avis que cela n'éliminera pas la controverse entourant le projet.
« La bonne chose s'est produite, dit-il. C'était une erreur de jugement de vouloir retourner avec Delcan », dit-il.
Candidat à la mairie d'Ottawa aux prochaines élections, M. Cullen estime que le projet de Lansdowne sera un enjeu électoral.













