Ses détracteurs lui reprochent plutôt de jouer à la loterie en misant gros sur un programme fédéral encore flou et imprécis.
Gatineau a inscrit des travaux d'infrastructures de 148 millions $ dans ses prévisions budgétaires, sans savoir si elle obtiendra les subventions nécessaires pour les réaliser.
Un geste jugé irresponsable par sept des 17 conseillers municipaux qui ont voté contre le budget municipal en décembre dernier.
Hier, le maire Marc Bureau triomphait au lendemain de la présentation du budget fédéral. Il contient une somme de 4 milliards $ pour les infrastructures.
« Ceux qui ont voté contre le dernier budget municipal en pensant que l'argent ne serait pas là, et bien, ils voient que l'argent est là aujourd'hui », a-t-il déclaré à sa sortie du comité exécutif.
La liste des projets gatinois comprend le pavage de plusieurs rues et la réfection d'égouts et d'aqueducs. La rénovation de l'aréna Guertin, un partenariat public-privé de 30 millions $, en fait aussi partie.
Plusieurs rondes de négos
Le maire Bureau a reconnu qu'il faudrait encore plusieurs rondes de négociations avant de connaître quelle part Gatineau retirera du magot fédéral.
Il admet qu'avant de toucher le moindre sou, les maires des villes québécoises devront d'abord s'entendre avec le gouvernement du Québec sur le partage des sommes. Les maires rencontreront bientôt, à ce sujet, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, et sa collègue aux Finances, Monique Jérôme-Forget.
En outre, les villes attendent toujours que les critères du programme Chantiers Canada soient assouplis par le ministre fédéral des Transports, des Infrastructures et des Collectivités, John Baird.
Pour le conseiller municipal Pierre Philion, il s'agit là d'autant d'inconnues qui justifient sa décision de voter contre le budget municipal de Marc Bureau, en décembre dernier.
« Je maintiens qu'il n'était pas normal d'inclure dans notre plan d'immobilisations quelque 30 millions de projets dont les montants ne sont pas assurés, et en provenance d'un programme dont les critères ne sont pas connus », dit-il.
« Gatineau réalisera ses grands projets avec ou sans l'aide des gouvernements supérieurs, quitte à s'endetter davantage », soutient pour sa part le bras droit du maire Bureau dans les dossiers d'infrastructures, Richard Côté.











