Ses membres espéraient retenir l'attention, hier, en confirmant la nomination de Gilles Picard à titre de nouveau président en plus d'annoncer une importante entente financière avec le mouvement des caisses Desjardins. C'est toutefois la démission d'un membre de la première heure de l'aventure des Jeux qui a fait jaser.
Le conseiller Alain Pilon, qui est aussi le président de la commission des loisirs, des sports et de la vie communautaire de la Ville de Gatineau, a claqué la porte du conseil d'administration, mercredi soir, affirmant qu'il veut consacrer du temps à bien préparer sa prochaine campagne électorale. C'est du moins la version livrée dans sa lettre de démission remise à Gatineau 2010.
Fatigué du « grenouillage »
En entrevue, M. Pilon se dit fatigué de ce qu'il considère « du grenouillage » de la part de l'entourage du maire Marc Bureau dans le dossier de la finale provinciale. Il ne se sentait d'aucune utilité dans la préparation de l'événement qui réunira 4000 athlètes en Outaouais du 29 juillet au 6 août.
Au moins un autre membre important du comité serait tenté de l'imiter sous peu, a appris LeDroit.
« Je n'ai jamais été une marionnette et je ne serai jamais capable de jouer un tel rôle », a dit M. Pilon.
« Toutes les décisions du comité devaient être retournées au cabinet du maire afin d'être révisées et validées [...] Tout semble décidé à l'avance. »
Le choix du nouveau président aurait été la goutte qui a fait déborder le vase. Il fallait trouver un remplaçant aux coprésidents Robert Labine et Yves Dupont, qui ont décidé de quitter leur poste avant Noël.
« Des discussions avaient eu lieu au sein du comité organisateur. Des noms avaient été suggérés, a affirmé M. Pilon, qui était intéressé par le poste. Mais on m'a fait savoir qu'il n'était pas question que ce soit moi. C'est correct, je comprends ça. »
La Ville a approché l'ancien ministre et député de Chapleau, Benoît Pelletier, avant d'offrir le poste à Gilles Picard, un ancien athlète des Jeux du Québec qui dirige maintenant Tourisme Outaouais depuis 18 ans. « Ces noms n'avaient pas été suggérés », a soutenu Alain Pilon.
Selon lui, Marc Bureau contrôle tout ce qui est relié aux Jeux du Québec. « De facto, c'est lui qui le fait (le rôle de président)... On devrait peut-être le couronner », a lancé le conseiller.
En principe, le comité organisateur se veut souverain. Il n'a aucune obligation de suivre les suggestions des élus et fonctionnaires de la Ville de Gatineau. Une règle non écrite dans le milieu veut toutefois que les recommandations d'un maire deviennent réalité.
Picard, « pas un choix du maire »
Les accusations du conseiller Pilon ont été balayées du revers de la main par Marc Bureau, lui-même un ancien participant aux Jeux du Québec.
« Il n'y a pas de grenouillage », a insisté le maire, qui avoue suivre par contre de près les activités de Gatineau 2010. Il parle sur une base hebdomadaire avec la directrice générale du comité organisateur, Marie-Hélène St-Onge.
« Le maire a un rôle à jouer dans les Jeux du Québec. C'est mon rôle de suivre cela de près et de m'assurer que les installations sportives soit prêtes. »
« Le choix du président, c'est le choix du conseil d'administration », a-t-il indiqué.
Marc Bureau insiste que la nomination de Gilles Picard « n'est pas un choix du maire ».
Du même souffle, il se dit très à l'aise avec le nouvel homme de confiance.
Il a rappelé que le président possède une bonne expérience des Jeux du Québec, ayant participé à 10 finales provinciales durant les années 1970.












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