Alors qu'Aurèle Desjardins piaffe d'impatience et exhorte Marc Bureau à faire connaître ses intentions au plus vite, l'ex-policier et syndicaliste Tony Cannavino affirme qu'il s'en balance.
Pour Aurèle Desjardins, il est temps que le maire Bureau joue carte sur table. « Voilà quatre ans qu'il ne prend pas de décision, et ça continue encore », a lancé hier l'actuel conseiller du district du Lac-Beauchamp.
Tony Cannavino, lui, ne s'en fait pas outre mesure. « Peu importe quand le maire va annoncer ses intentions, que ce soit le mois prochain ou en août prochain, ça ne change rien. Je continue de faire ma campagne et de parler aux gens. Je comprends que c'est plus énervant pour M. Desjardins. Alors que je suis le candidat du renouveau, lui, ça fait quatre ans qu'il a des positions identiques à celles du maire. Il a hâte de pouvoir dire des choses différentes de lui. »
En janvier, le maire Bureau a déclaré aux journalistes qu'il « avait le goût » de revenir pour un second mandat à la mairie de Gatineau. Avant de se lancer, il voulait sonder ses appuis de la dernière campagne, afin de vérifier s'ils sont toujours prêts à se ranger derrière lui.
Deux mois plus tard, Marc Bureau n'a toujours pas clarifié ses intentions. Aux journalistes qui lui posent régulièrement des questions, Marc Bureau rétorque qu'il veut d'abord régler le dossier de l'aréna Guertin et du projet Rapibus, plombé par des dépassements de coûts de 38,5 millions $.
Des excuses qui ne tiennent pas la route aux yeux d'Aurèle Desjardins. « Je m'occupe de front de mes dossiers municipaux et de ma candidature à la mairie. Rien ne l'empêche de faire de même, de s'occuper du Rapibus et du complexe sportif en même temps que de ses autres dossiers », dit-il.
Pour Aurèle Desjardins, deux choses peuvent expliquer que le maire tarde à faire son annonce. « Soit que les appuis sollicités ne sont pas au rendez-vous, soit qu'il veut profiter le plus longtemps possible de son statut de maire pour faire des annonces sans se faire accuser de partisanerie politique », a-t-il dit.
Positions opposées sur Guertin
Aurèle Desjardins et Tony Cannavino ont des positions diamétralement opposées sur l'agrandissement de l'aréna Guertin. Deux consortiums ont manifesté jusqu'ici leur intérêt à devenir partenaire de la ville.
Alors que M. Cannavino est en faveur d'examiner les deux offres sur un pied d'égalité, Aurèle Desjardins donne une longueur d'avance au projet des Olympiques de Gatineau.
Hier, M. Desjardins démontrait peu d'enthousiasme devant l'idée de son collègue Alain Pilon qui propose de relancer un nouvel appel auprès des entreprises intéressées à reconstruire l'aréna.
Pour M. Desjardins, le lancement d'un nouvel appel d'intérêt, même de seulement 45 jours, aurait pour effet de retarder de beaucoup la reconstruction de Guertin. « Pour les Olympiques de Gatineau, ce serait un report d'au moins un an et il faudrait une méchante bonne raison, quelque chose de vraiment sérieux. Plus tu retardes dans des dossiers comme celui-là, plus ça finit par coûter cher. »
Pour Tony Cannavino, les offres des Olympiques et de la firme Multivesco doivent être examinées toutes les deux. « À partir du moment où les deux offres qui sont sur la table ont été faites hors délais, tu te dois de les examiner toutes les deux, pour donner une chance égale à toutes », dit-il.
Le conseil municipal doit discuter aujourd'hui d'un protocole d'entente à long terme avec les Olympiques. Un partenariat public-privé est dans l'air, avec des travaux de 30 millions $ qui débuteraient dès ce printemps.











