Dans sa décision rendue le 16 mars, le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec blâme le Dr Claude Doyon en lien avec le décès d'un nouveau-né survenu en 2000.
Selon la décision, le Dr Doyon, qui était jusqu'à la fin 2007 chef du département de gynécologie-obstétrique de l'Hôpital de Gatineau, est notamment reconnu coupable d'avoir fait défaut « d'élaborer avec la plus grande attention son diagnostic », alors qu'un « accouchement urgent était nécessaire ». Le nouveau-né est décédé à la suite d'une césarienne survenue après la date prévue d'accouchement.
Compétent et disponible
Une experte consultée par le Conseil a conclu qu'« un spécialiste en obstétrique et gynécologie générale n'est pas nécessairement tenu de reconnaître les signes échographiques d'un hydrops en évolution, mais il doit se questionner au sujet d'anomalies 'intrigantes' avant de les écarter comme ne nécessitant 'pas une conduite urgente'».
Des collègues du Dr Doyon ont témoigné en sa faveur, soulignant à la fois ses compétences et sa disponibilité constante pour aider les autres médecins.
La décision fait d'ailleurs état que sans la preuve « de sa grande implication dans son milieu et de sa volonté d'améliorer sa pratique ainsi que celle de ses collègues de travail », la sanction imposée aurait été « beaucoup plus sévère ». La radiation temporaire doit prendre effet 30 jours après la signification de la décision au médecin, si ce dernier ne porte par la sanction en appel à l'intérieur de ce délai.
Le Dr Louis Paquet, un omnipraticien gatinois, avait également fait l'objet d'une radiation temporaire de deux semaines en lien avec le même événement.
Le CSSSG n'a pas voulu commenter la sanction imposée au Dr Doyon. « On attend d'être avisé dans les détails de la décision », a répondu le porte-parole, Sylvain Dubé. Ce dernier a catégoriquement refusé de dire quel impact aura ce départ forcé sur les services offerts à l'Hôpital de Gatineau.
En incluant le Dr Doyon, cinq gynécologues-obstétriciens pratiquent actuellement à l'Hôpital de Gatineau, alors que trois postes supplémentaires sont disponibles. Deux autres spécialistes effectuent « de façon régulière » du dépannage pour le CSSSG.











