En pleine année électorale

Les élus gatinois transfèrent des surplus de la Ville dans leur budget discrétionnaire

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Les élus gatinois transfèrent des surplus de la Ville dans leur budget discrétionnaire

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Frank Thérien et André Laframboise, conseillés à la Ville de Gatineau

Archives, LeDroit

Patrick Duquette
Le Droit

En pleine année électorale, les élus de Gatineau se sont alloués deux fois plus d'argent à dépenser dans leurs quartiers électoraux.

Le conseil municipal a décidé d'utiliser une partie des surplus de 2008 pour doubler le budget discrétionnaire attribué à chaque conseiller.

En cette année d'élections, ils disposeront donc de 50 000 $, au lieu de 25 000 $, à dépenser comme bon leur semble dans leur quartier.

Chaque élu dispose d'un budget discrétionnaire où il peut piger à volonté pour financer des projets dans son quartier, que ce soit l'aménagement d'un parc ou le pavage d'une rue.

L'argent supplémentaire ne reviendra pas en 2010. Il s'agit d'un « one shot deal » a dit André Barbeau du Service des finances.

Cette décision d'allouer davantage d'argent aux élus a été prise lors des discussions budgétaires de l'automne dernier. Quelques mois plus tard, elle ne fait pas l'unanimité autour de la table du conseil municipal.

« Saupoudrage »

Jocelyne Houle doute de l'efficacité de ce « saupoudrage » qui risque de surcharger l'administration municipale en cette année électorale.

« On va saupoudrer 25 000 $ par quartier, alors qu'on se plaint régulièrement de manquer d'argent pour les projets d'infrastructures », dit la conseillère du district de Buckingham.

Elle ajoute que les fonctionnaires en ont déjà plein les bras avec les projets inscrits au plan triennal des immobilisations (PTI), sans compter tous les efforts consacrés à la préparation des Jeux du Québec d'été de 2010.

« Je ne sais pas comment on va gérer ça. On a beau avoir une politique interne pour favoriser les projets inscrits à notre PTI, c'est quand même une surcharge pour l'appareil municipal », dit Mme Houle.

Son collègue Patrice Martin est intervenu dans le même sens.

« Je pense que ce serait mieux de l'investir dans le développement de notre centre-ville plutôt que de le saupoudrer ici et là », a-t-il dit.

D'autres, comme André Laframboise, rétorquent que certains quartiers ont cruellement besoin de cet argent.

Lui et son collègue Frank Thérien tentent, depuis des années, d'obtenir 150 000 $ pour des rénovations au centre communautaire Ernest-Lattion du secteur Aylmer.

Le projet n'a pas été jugé assez prioritaire pour être inscrit au PTI. En attendant, les deux élus économisent, année après année, les sommes inscrites à leur budget discrétionnaire dans l'espoir de pouvoir le financer.

« Les petits projets sont tout aussi importants que les grands. Et ça demeure vrai que je sois là ou pas en 2010 (après les élections) » dit M. Laframboise.

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