Sûrement pas Véronique Bérubé. La coordonnatrice du Salon des artisans-récupérateurs de l'Outaouais croit que le «souci d'économie» collectif qu'a engendré la conjoncture économique actuelle va rappeler à l'ordre bon nombre de consommateurs.
«À l'époque de nos grands-mères, les gens n'étaient pas riches et ils réutilisaient ce qu'ils avaient», a fait valoir Mme Bérubé, entourée d'une quarantaine d'artisans qui présentaient des vêtements et des bijoux qu'ils avaient confectionnés à partir de matières réutilisées.
C'est demain la Journée de la Terre et, comme à chaque printemps depuis trois ans, Mme Bérubé a choisi de souligner l'événement ce week-end en organisant son exposition dans l'enceinte du Centre communautaire Tétreau, à Gatineau. Selon elle, plus de 1300 visiteurs ont répondu à l'appel.
Le Salon des artisans-récupérateurs de l'Outaouais n'avait rien d'un conventum de hippies ni d'une vente de garage. Mme Bérubé est d'avis que la qualité et le raffinement de certains des produits en montre avaient de quoi faire tomber les mythes généralement associés aux objets fabriqués à partir de matières réutilisées.
«On fait déjà du recyclage. On fait des efforts pour acheter des produits locaux, alors pourquoi pas...», demande-t-elle.
Dessinatrice de mode pour le compte d'un importateur montréalais, avant de s'installer en Outaouais, Mme Bérubé dit qu'elle a souvent vu des retailles de tissu jetées à la poubelle, alors qu'elles auraient encore pu servir. C'est ça qui l'a poussée à s'investir dans la promotion des trois «R»: réduction à la source, réutilisation et recyclage.
Après trois ans, l'instigatrice du Salon des artisans-récupérateurs de l'Outaouais croit que l'événement est devenu une bonne tribune pour sensibiliser la population à l'importance de «stopper le circuit de la production excessive et faire des achats qui encouragent les artisans d'ici». Une quinzaine, soit le quart des exposants présents, étaient de la région.
«Les gens vont consommer différemment. Ils vont être plus sensibilisés à la qualité de ce qu'ils achètent», prévoit Josée Lortie, porte-parole de la coopérative de cafés équitables La Tierra Coop, basée à Gatineau.
Mme Lortie est d'avis que la crise économique aura pour effet de favoriser l'achat de produits locaux, qui sont généralement plus frais (dans le cas des aliments) et un peu moins dispendieux. «Et qui dit moins de transport dit aussi moins de pollution», conclut-elle.
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