« Pendant combien de temps encore le gouvernement va-t-il privilégier cette attitude d'immobilisme et de soumission devant les Américains », a lancé le chef bloquiste Gilles Duceppe, hier, en ouverture de la période de questions.
L'usine Papiers Fraser, à Thurso, devra fermer ses portes à compter de la fin du mois pour une période indéterminée qui pourrait atteindre six mois.
La direction a informé ses 300 employés, en milieu de semaine, que l'arrêt de production débutera lorsque les inventaires de bois seront expirés.
Victime d'un crédit américain
L'usine est victime d'un crédit de taxes accordé par Washington à ses entreprises pour favoriser l'utilisation de combustibles verts, ce qui permet aux usines américaines de réduire leurs coûts de production d'environ 200 $ la tonne.
Le député bloquiste d'Argenteuil-Papineau-Mirabel, Mario Laframboise, est revenu à la charge avec l'idée d'accorder des garanties de prêts, de manière à assurer la survie de l'usine de Thurso.
« Ces gens ne demandent pas la charité, dit-il. Ils revendiquent simplement le droit de travailler. Il est clair dans le cas de l'usine Papiers Fraser de Thurso que c'est l'inertie du gouvernement qui est responsable de la suspension des activités. Le gouvernement a des avenues qui s'offrent à lui pour agir et permettre aux dirigeants de l'usine de poursuivre la production à armes égales avec ses concurrents. Mais il a choisi la pire attitude, la seule qui ne répond pas aux exigences de la situation, c'est-à-dire l'inaction. »
Les députés des banquettes libérales ont ajouté leur voix à la charge menée par le Bloc, dénonçant à leur tour les subventions américaines qui mènent au « massacre » des usines canadiennes.
« Pourquoi le premier ministre reste-t-il muet à ce sujet ? Pourquoi a-t-il abandonné nos travailleurs canadiens ? », a demandé le libéral Anthony Rota.
Analyse en cours
La réplique est venue du ministre du ministre d'État de l'Agence de développement économique du Canada pour le Québec, Denis Lebel, qui a invité les partis à attendre le rapport de l'équipe spéciale Canada-Québec, qui doit être déposé le 15 mai.
« L'impact créé par ces crédits sur le secteur forestier canadien nous interpelle, a-t-il déclaré. Nous analysons présentement cette question et nous considérons toutes les options possibles. »
Reconnaissant que le stratagème employé par l'industrie américaine est « inacceptable », la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, a pour sa part indiqué avoir soulevé la question avec son homologue américain.












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