Après quatre jours de réflexion, le dernier maire de l'ancienne Ville de Gatineau a tranché. Il ne posera pas sa candidature à la mairie aux élections du 1er novembre prochain, même si un sondage Segma-LeDroit publié jeudi dernier a révélé qu'il aurait détrôné le maire Marc Bureau si des élections avaient eu lieu il y a deux semaines. Dans ce sondage, M. Labine a obtenu 41 % des suffrages contre 32 % pour l'actuel maire Marc Bureau, 14 % pour Aurèle Desjardins et 13 % pour Tony Cannavino.
« Ce sondage a réveillé le peuple au niveau de la politique municipale, a dit M. Labine, hier matin, dans une entrevue exclusive accordée au Droit. J'avais dit en décembre dernier que je ne serais pas de la course, mais ce sondage est venu me replonger dedans, bien malgré moi. Et depuis jeudi dernier, les gens ne me parlent que de la mairie. Et tout le monde m'encourage à me présenter, c'est incroyable. Ça me fait penser à mon élection à la mairie de Gatineau en 1991 quand j'avais obtenu 83 % des voix.
Longue réflexion
« Ce sondage m'a évidemment fait réfléchir, a-t-il poursuivi. Et ce matin (hier), je le dis et c'est définitif : je ne me présenterai pas à la mairie de Gatineau. J'ai réfléchi longuement. Ma femme et moi nous sommes assis dimanche pour écrire sur une feuille de papier les « pour » et les « contre » d'un retour en politique, et nous sommes arrivés à la conclusion que notre qualité de vie en serait affectée. Et notre qualité de vie passe avant tout.
« Je n'ai pas peur du travail, de préciser M. Labine. Là n'est pas la question. Mais j'ai vécu avec un agenda toute ma vie. Et aujourd'hui, je veux être libre. Libre de me lever le matin et d'aller jouer au golf avec mon frère. Libre de partir en voyage avec ma femme quand on le désire. Libre de passer l'hiver au condo qu'on vient de s'acheter en Floride. Robert Labine veut être libre. Je sais que plusieurs seront déçus, mais je pense qu'ils me comprendront. Et sachez que ma décision n'a pas été facile à prendre. J'avoue que j'ai versé une larme en la prenant. »
Du changement
Maintenant qu'il est un « homme libre », Robert Labine a-t-il l'intention d'appuyer un candidat à la mairie ? On sait qu'il s'est entretenu en fin de semaine avec le candidat Aurèle Desjardins. Celui-ci pourra-t-il compter « Bob » Labine dans son camp ?
« J'ai rencontré plusieurs personnes durant ma réflexion des derniers jours, dont Aurèle Desjardins, a dit M. Labine. J'ai siégé avec Aurèle, il était normal qu'on se rencontre et qu'on se parle. Aurèle sera un bon candidat à la mairie mais je n'appuierai personne durant cette campagne électorale. Mais une chose est certaine, la Ville ne peut pas rester comme ça. Il faut du changement. »
En décembre dernier, Robert Labine a annoncé une première fois qu'il ne poserait pas sa candidature à la mairie de Gatineau. « Je me retire de la vie publique, point à la ligne », avait-il déclaré au Droit.
Mais quelques mois plus tard, il multipliait les sorties publiques pour dénoncer le projet d'agrandissement du centre Robert-Guertin.
M. Labine a-t-il véritablement l'intention cette fois-ci de se retirer de la vie publique, ou jouera-t-il la « belle-mère » des élus municipaux pour encore plusieurs années ?
« Cette expression bien connue (« belle-mère ») me fait rire, a-t-il dit. Parce que ce n'est pas moi qui appelle les journalistes pour commenter, ce sont eux qui m'appellent pour obtenir mon opinion. La semaine dernière, j'étais en route pour le terrain de golf avec mon frère quand votre collègue (Patrick Duquette) m'a appelé pour que je commente le sondage. Qu'est-ce que je suis censé faire ? Si je ne réponds pas, les journalistes vont dire que je ne retourne pas mes appels.
- Donc vous continuerez à commenter la politique municipale, M. Labine ?
- Si on me le demande, je vais le faire. Je suis et je serai toujours un citoyen concerné et intéressé. Et tous les Gatinois devraient l'être.
- Mais c'est définitivement la retraite de la vie publique ?
- Absolument. J'ai 68 ans et j'aurai toujours 20 ans dans ma tête et dans mon coeur. Et j'ai dit la semaine dernière que je vais vivre jusqu'à l'âge de 105 ans. Mais je veux atteindre cet âge en liberté », a conclu Robert Labine.












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