La destruction presque totale de l'hôtel historique Chez Henri et l'échec du projet d'agrandissement de l'aréna Guertin sont à la source de son questionnement.
Or encore cette semaine, le maire Marc Bureau et le conseiller Patrice Martin vantaient le nouveau plan particulier d'urbanisme (PPU) pour relancer le centre-ville.
Mais en voyant comment la Ville a géré Guertin et Chez Henri, M. Gravel ne peut que constater une distorsion entre les paroles et les gestes des élus municipaux.
Son regroupement de marchands et de professionnels souhaite que le fameux PPU destiné à repeupler le centre-ville soit plus que de la « poudre aux yeux ».
« C'est bien beau d'avoir une vision de son centre-ville pour dans 25 ans, dit M. Gravel. Mais les gens au centre-ville, ils vivent aujourd'hui, ils vivent dans la réalité. Et ils regardent comment la Ville a géré l'aréna Guertin, et le Chez Henri, deux éléments fondamentaux du centre-ville. »
À l'instar des défenseurs du patrimoine, M. Gravel considère que la perte du Chez Henri est irréparable. Un des rares pans de l'histoire locale encore intact est disparu à tout jamais. Il se demande ce qu'il restera pour convaincre les gens de venir au centre-ville, si on laisse le patrimoine tomber en ruines.
« Quand on voyage à Québec, on ne va pas voir des tours à bureaux. On veut avoir des restaurants, de l'histoire. Dans ce sens-là, l'hôtel historique Chez Henri est une grosse perte parce qu'il ne nous en reste plus beaucoup d'histoire à Gatineau. On peut bien bâtir des tours dans le centre-ville au complet et dire au monde : venez-nous voir ! Mais si on jette nos monuments par terre, ils vont nous demander : venir vous voir pourquoi ? »
Situation financière inquiétante
La situation financière de la Ville de Gatineau inquiète aussi M. Gravel. Le service des finances a invité le conseil municipal à mettre la pédale douce sur les nouveaux projets d'investissements, la semaine dernière, afin d'éviter une augmentation de taxes salée l'an prochain.
« Avec l'alarme du service des finances, est-ce qu'il va rester de l'argent pour le centre-ville ? se demande M. Gravel. Dans le temps de l'ancienne ville de Hull, on mettait un demi-million par année en animation. On est rendu à des petits budgets de 40 000 ou 50 000 $ par année. Le nerf de la guerre, c'est toujours l'argent. Si on adopte le PPU et qu'on nous donne un budget de 70 000 $, on ne fera grand-chose. C'est important pour nous de participer à la relance. On ne veut pas être seulement à la remorque de la Ville de Gatineau. On veut représenter notre clientèle et prendre la pole position. »











