Il a pris part aux cérémonies entourant le 65e anniversaire du Débarquement de Normandie

Journée inoubliable pour Christopher Bernard

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Christopher Bernard (à droite) était aux côtés du vétéran Philippe LeBreton et du premier ministre Stephen Harper, lorsque ce dernier a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du soldat inconnu.

Archives, La Presse Canadienne

Martin Comtois
Le Droit

Une petite marche de quelques minutes dans un cimetière de guerre canadien en compagnie du premier ministre Stephen Harper et d'un vétéran restera gravée dans la mémoire d'un jeune Gatinois de 17 ans.

Christopher Bernard est revenu tôt, hier matin, de Normandie, en France, où il a participé aux cérémonies entourant le 65e anniversaire du Débarquement, le Jour J. Il était l'invité du gouvernement fédéral en compagnie de deux autres étudiants et trois vétérans de la Seconde Guerre mondiale.

Le jeune homme, qui étudie à l'école secondaire Le Carrefour, a accompagné le premier ministre lorsque celui-ci a déposé des gerbes de fleurs sur la tombe du soldant inconnu à Bény-sur-Mer, site du cimetière de guerre canadien. Le vétéran Philippe LeBreton a participé au geste protocolaire.

« Je reviens avec beaucoup d'humilité, a dit M. Bernard au bout du fil. En marchant dans le cimetière, j'ai demandé à M. LeBreton s'il connaissait des gens qui étaient enterrés ici. »

La réponse a été courte, mais poignante. Elle résumait bien l'ampleur du sacrifice canadien lors de ce conflit qui a modelé par la suite la deuxième portion du 20e siècle. « Il m'a dit qu'il y en avait trop... J'ai aussi réalisé que ces gens qui ont participé au Débarquement n'étaient pas beaucoup plus vieux que moi à l'époque. »

Plus de 25 000 Canadiens ont participé au Jour J. Environ 340 y ont laissé leur vie dès le premier jour.

Excellent c.v.

Un cycliste junior souffrant de diabète, Christopher Bernard a été sélectionné mardi dernier pour ce voyage de deux jours en Europe en raison de ses prouesses académiques.

Il avait participé en mars au Forum jeunesse canadien, qui réuni de jeunes passionnés de la politique.

Une des organisatrices l'a avisé que les dirigeants du projet Mémoire de l'Institut Dominion cherchaient un jeune francophone afin d'accompagner le premier ministre. Il a vite répondu à l'appel. À la suite d'une entrevue, sa candidature a été retenue.

« Je suis intéressé depuis longtemps par la politique et l'histoire. Mon père est militaire. J'entends des histoires de la Seconde Guerre mondiale depuis que je suis très jeune. Je trouvais incroyable cette occasion de me retrouver avec des anciens combattants sur le site du Jour J. »

Le jeune Bernard l'avoue. Il a eu droit à « un cours d'histoire accéléré ». Souvent, le regard et l'expression sur les gens autour de lui martelaient le message plus fort que les mots. « La parole n'était pas nécessaire. Tu apprends beaucoup en observant ».

« Ce qui est triste par contre à dire, c'est qu'il s'agit de l'une des dernières commémorations majeures, a-t-il ajouté. Il reste de moins en moins de combattants. Ces gens ne cherchent pas la gloire. Ils veulent tout simplement que nous n'oublions pas ce qui s'est passé. Moi, c'était vraiment un grand honneur de vivre cette journée avec eux. »

Lapsus de Gordon Brown

Cette journée comprenait une discussion d'une vingtaine de minutes en compagnie du premier ministre. Une marche sur la plage Juno était aussi au menu.

Christopher Bernard a aussi assisté à une cérémonie réunissant plusieurs chefs d'État à Colleville-sur-Mer. Il a été témoin du lapsus du premier ministre britannique, Gordon Brown, qui a fait référence à « Obama Beach » au lieu « d'Omaha Beach », la plage du Débarquement allié.

« Il y avait beaucoup de murmures dans la foule, a raconté M. Bernard, qui retrouvera sa routine quotidienne ce matin.

« J'ai un examen de mathématiques. C'est le retour à la réalité. »

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