Un groupe mené par le président de la commission de l'environnement, Alain Riel, souhaite redonner une seconde vie au dépotoir de 44 acres fermé en 1991.
L'idée est inspirée d'une expérience sur le point d'être tentée dans la ville de Guelph, en Ontario. Là-bas, un spécialiste en biologie environnementale de l'Université de Guelph, Peter Kevan, a convaincu la municipalité de transformer un ancien dépotoir pour en faire le premier de parc de pollinisation au monde.
Comme à Guelph, il est question de planter des buissons et des fleurs odorantes sur le site Cook. De quoi y attirer des abeilles, mais aussi toute une panoplie d'insectes butineurs, de papillons et d'oiseaux. En vue de redonner l'accès du site au public, on parle d'y aménager des sentiers, des centres d'interprétation de la nature et même d'y faire de la recherche universitaire.
À Guelph, le site retenu est deux fois plus vaste que Cook avec ses 112 acres. Même s'il n'est fermé que depuis cinq ans, les ingénieurs ont donné le feu vert au projet, qui est sur le point de recevoir les dernières approbations de la municipalité.
À la demande d'Alain Riel, Peter Kevan est venu visiter le site Cook, la semaine dernière, en compagnie de membres de la commission de l'environnement. Après sa visite, l'universitaire ne cachait pas son enthousiasme.
« Votre site a un potentiel incroyable. Il est assez grand pour y aménager des sentiers et un abri pour les visiteurs. Sans compter tout le potentiel d'interprétation naturelle et technologique », a-t-il dit.
Alain Riel est d'accord. « On ne parle pas d'investissements majeurs. Je pense qu'en quatre ans, un élu, à même son budget et avec l'aide de quelques subventions, pourrait arriver à faire plein de choses. »
Revaloriser l'image du site
Deux décennies d'ordures ont été enfouies au site Cook, un endroit qui revêt aujourd'hui l'apparence d'une colline verdoyante, à deux pas des collines de la Gatineau.
L'endroit a un charme indéniable. Seule la présence de torchères rappelle au visiteur qu'il se trouve devant un immense tas de déchets enfouis, et dont émane du méthane, un puissant gaz à effet de serre.
Quand on pose la question à Alain Riel, il convient que la transformation du site en parc de pollinisation aurait un puissant effet symbolique. Dans le voisinage, l'ancien dépotoir est perçu comme un véritable « désastre environnemental ».
« Effectivement, ça peut revaloriser l'image du site Cook », a admis M. Riel. À titre de conseiller du district, il a été rudement pris à partie en 2006, quand la Ville de Gatineau a envisagé d'y installer sa nouvelle usine de compostage à ciel ouvert. Le conseil a dû reculer devant l'opposition farouche du voisinage.
Aujourd'hui, il n'est plus question d'y envoyer de déchets, assure Alain Riel. « Le site Cook est fermé pour de bon. Or en Suède, ils vident les dépotoirs. Aux États-Unis, une compagnie comme Waste Management les transforme en terrains de golf. Les anciens dépotoirs ont une valeur. Et le site Cook ne fait pas exception. Il y a plein de façon de lui donner une seconde vie. »
À Guelph, le parc servira aussi à sensibiliser les gens à la disparition de grandes colonies d'abeilles butineuses en Amérique du Nord et en Europe. Un phénomène aussi mystérieux que menaçant. Les abeilles pollinisent des cultures commerciales de nourriture qui représentent un marché mondial de 2,8 milliards.
Anecdote intéressante : à Guelph, les autorités ont renoncé à installer des ruches. Les abeilles à miel ont une réputation d'insecte piqueur. Une réputation surfaite, selon M. Kevan, mais qui risquait d'effrayer quelques visiteurs...











