Le propriétaire de l'édifice, Nader Dormani, et l'entrepreneur général, Construction SLBL, recevront chacun une amende de 60 000 $ en vertu de la Loi sur les biens culturels.
En outre, quatre amendes de 2000 $ chacune seront infligées au constructeur pour des infractions aux règlements d'urbanisme.
La municipalité retirera aussi le crédit de taxes que le propriétaire devait toucher sur une période de cinq ans, une fois l'ancien hôtel transformé en bureaux d'affaires et occupé à 50 % de sa capacité.
Les défenseurs du patrimoine, qui réclamaient une sanction « exemplaire », n'étaient pas totalement satisfaits hier.
Mais pour le président de la Société d'histoire de l'Outaouais, Michel Prévost, la punition décidée par le conseil municipal est un moindre mal dans les circonstances.
« J'ai obtenu du maire Marc Bureau l'assurance que les amendes infligées à l'entrepreneur représentent le maximum permis par la loi, a dit M. Prévost, même si je trouve que 130 000 $, sur un projet qui totalise plus de 6 millions, ce n'est pas beaucoup. Cependant, la ville doit composer avec les lois et règlements existants. S'il y a quelque chose de plus à faire, c'est de faire pression auprès du ministère de la Culture pour que des amendes plus importantes soient imposées à l'avenir dans des cas pareils. »
Le chantier du Chez Henri a été arrêté de toute urgence, le mois dernier, quand la ville a constaté que l'entrepreneur n'avait pas respecté son permis de construction. La municipalité avait autorisé la démolition de deux murs. Mais l'entrepreneur a aussi détruit, sans autorisation, un mur d'acrylique situé au second étage, de même qu'une partie de la tourelle et du toit qui devaient être préservés.
Des sociétés d'histoires et autres associations de défense du patrimoine ont été dévastés d'apprendre la destruction presque totale de l'édifice. Toutes ont demandé une sanction exemplaire, certaines allant jusqu'à dénoncer le manque de leadership du conseil municipal dans ce dossier. L'hôtel Chez Henri avait été cité monument historique par la Ville de Gatineau en 2002.
En outre, il jouissait d'une protection supplémentaire de par sa situation dans un site du patrimoine. « Au moins, la Ville de Gatineau a infligé une amende, ce qui ne semble pas toujours être le cas au Québec dans de pareilles situations », a dit M. Prévost.
Selon nos informations, un rapport présenté hier au conseil municipal conclut que les éléments détruits par l'entrepreneur n'auraient pu être sauvés. Une version des faits que refuse d'admettre Michel Prévost.
Ailleurs, des spécialistes de la restauration ont réalisé des miracles pour préserver de la destruction des édifices en plus mauvais état que le Chez Henri. « Quand on veut restaurer un édifice, on ne se présente pas sur le chantier avec un boulet de fer pour démolir des murs », a-t-il laissé tomber, non sans une pointe d'exaspération dans la voix.
Selon nos informations, des membres du conseil municipal craignent maintenant les contestations judiciaires de la part de l'entrepreneur.
Un affrontement devant les tribunaux risque de bloquer le chantier sur une longue période et d'exposer ce qui reste de l'édifice historique aux intempéries et au vandalisme. Advenant que le propriétaire refuse de poursuivre les travaux, la Ville de Gatineau mettrait plusieurs mois à obtenir les ordonnances nécessaires pour les compléter elle-même.












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