Nader Dormani entend toute faire pour rétablir sa réputation. L'homme d'affaires soutient que le permis de construction délivré par la ville a été respecté « à la lettre » par Construction SLBL, l'entrepreneur général responsable de la restauration. « On va le prouver. On n'a pas le système juridique le plus vite au monde, mais en bout de ligne, on a confiance », a dit M. Dormani.
La municipalité ne l'entend pas de cette oreille et soutient que l'entrepreneur n'aurait pas dû détruire le mur du second étage, tout comme certains éléments du toit et de la tourelle.
Deux constats d'infraction au montant de 60 700 $ chacun ont été envoyés hier au propriétaire de même qu'à l'entrepreneur responsable des travaux. C'est l'amende maximum permise par la Loi sur les biens culturels du Québec, a affirmé le maire Marc Bureau. La ville leur a aussi fait parvenir des constats de moindre envergure pour des infractions au règlement d'urbanisme.
Pour le moment, le maire concède que le crédit d'impôt foncier demeurera valide si le bâtiment est reconstruit selon les plans et rempli à 50 % de sa capacité.
« Je vais finir la bâtisse »
Même si le dossier se retrouve devant les tribunaux, M. Dormani se veut rassurant pour la population. Il promet de poursuivre la transformation de l'hôtel historique en bureaux d'affaires, un projet de 6 à 8 millions. « Les gens, je leur donne ma parole que je vais finir cette bâtisse-là, malgré que je n'ai pas de locataires et pas de financement (des banques) », a dit M. Dormani. Il affirme avoir déjà dépensé un million de dollars pour la transformation du Chez Henri.
Si jamais l'entrepreneur devait abandonner le chantier, la municipalité aurait alors le loisir de se tourner devant les tribunaux. Elle pourrait alors tenter d'obtenir une ordonnance pour forcer l'entrepreneur à achever les travaux de construction, ou encore, les terminer elle-même en refilant la facture au promoteur. « C'est un édifice qui nous tient à coeur », a dit le maire Bureau.
En entretien hier, Nader Dormani et le propriétaire de SLBL Construction, Sylvain Bertrand, ont déploré la couleur politique qu'a pris ce dossier depuis l'arrêt forcé du chantier, le 6 mai dernier.
Les deux hommes disent n'avoir rien à se reprocher. Selon eux, les employés municipaux étaient au courant qu'ils s'apprêtaient à démolir le mur d'acrylique situé à l'étage de même qu'une bonne partie du toit et de la tourelle. « Ils sont venus sur le chantier, à plus d'une reprise », a insisté M. Bertrand. M. Dormani reproche aux élus d'avoir manqué de courage en cachant à la population l'état de délabrement du Chez Henri, un édifice construit en 1901. « M. Le maire n'est pas de mauvaise foi. Mais ces gens-là n'ont pas le courage de dire à la population ce qu'on nous avait commandé. Ils n'ont pas le courage de dire que ce bâtiment, cité monument historique en 2003, était déjà dans un terrible état. Les fenêtres, les planchers, les plafonds étaient finis, les murs craquaient. Il fallait dire à la population qu'il n'y avait pas cinquante façons de le (restaurer). »











