Depuis trois ans, Nader Dormani, un homme d'affaires de Gatineau, est propriétaire de la chaîne de télévision Andisheh dont les bureaux sont situés à Los Angeles aux États-Unis. La programmation de ce réseau satellite, aussi diffusé sur Internet, s'adresse à la communauté iranienne - très présente à Los Angeles - et est diffusée dans trois langues soit l'anglais, le perse et le turc.
« Quand tu arrives à un certain âge, tu as besoin de te trouver une nouvelle passion. Je ne vais pas au casino et je n'aime pas les sports alors je me suis demandé comment je pouvais donner à mon pays d'origine. J'ai réalisé qu'il manquait une chaîne de télévision crédible pour éduquer les gens sur la situation réelle en Iran », explique M. Dormani, iranien d'origine et établi au Canada depuis 1979. L'homme d'affaires est notamment propriétaire de l'ancien hôtel Chez Henri et de plusieurs concessionnaires automobile à Gatineau.
Émissions d'information
La station Andisheh propose des émissions d'informations et des programmes éducatifs et culturels, animés par des intellectuels, des universitaires mais aussi des opposants au régime de Mahmoud Ahmadinejad dont la réélection à la tête du pays est contestée.
Le propriétaire du réseau dit vouloir d'inspirer de l'objectivité de différents médias tels CNN et le New York Times.
« En 30 ans, les actions posées par le gouvernement islamiste n'ont pas toutes été mauvaises et nous restons impartiaux en tout temps. Notre mission est toutefois de familiariser les jeunes iraniens et de leur dire que, non, le gouvernement n'a pas le doit de leur dire comment s'habiller ou quoi penser », indique Nader Dormani.
Menaces de fermeture
La distance qui sépare Los Angeles de l'Iran n'a pas empêché le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad de proférer des menaces de fermer la station de M. Dormani. Ce dernier ne craint pas pour sa vie ni pour celle des employés de la station puisqu'il affirme diffuser une information objective.
« Le régime islamiste coupe toutes les sources d'informations qui diffusent des éléments nuisibles à leur crédibilité. Aux États-Unis, nous bénéficions d'une certaine sécurité puisque l'Iran n'osera jamais s'attaquer à ce pays », soutient M. Dormani.
L'homme d'affaires ne cache toutefois pas son désaccord face au déroulement des dernières élections présidentielles en Iran. Selon lui, le gouvernement iranien souhaite voter une loi pour permettre à Mahmoud Ahmadinejad de demeurer président à vie.
« Nous encourageons une désobéissance civile non-violente. Il s'agit de la solution la plus efficace avec le moins de coût humain. De plus, nous espérons toujours que dans le coeur de ceux qui tuent les protestataires, il reste un peu de sympathie », souligne M. Dormani.
Le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, a définitivement entériné les résultats de la présidentielle iranienne, la semaine dernière, excluant de remettre en cause la victoire d'Ahmadinejad. Selon le décompte final, ce dernier a obtenu 62,6 % des suffrages et Moussavi 33,75 %.
Depuis le début des violences, au moins 17 personnes ont été tuées alors que le régime intensifiait sa répression.
AVEC LA PRESSE CANADIENNE











