À Gatineau, deux ingénieurs en informatique ont inventé un recouvrement de pattes de chaises en caoutchouc qui remplit le même rôle que les balles de tennis, tout en étant plus durable et plus hygiénique. Le Flexifeutre s'est écoulé à plus de 2,5 millions d'exemplaire à travers les écoles de l'Amérique du Nord. Les deux inventeurs s'apprêtent à tenter une percée avec un nouveau produit destiné au marché résidentiel qui sera vendu sur Internet.
Quand la bulle technologique a éclaté au début des années 2000, Pierre Desmarais, 37 ans, et Pascal Tellier, 34 ans, ont perdu leur emploi dans une entreprise technologique de Gatineau. Les deux copains, complices depuis leurs études à l'Université d'Ottawa, se sont demandés ce qu'ils pourraient bien inventer pour faire de l'argent. « On cherchait quelque chose de très simple qui servirait à beaucoup de monde », raconte M. Desmarais, un père de trois enfants qui habite Cantley.
Après quelques essais infractueux, l'idée d'un recouvrement pour les pattes de chaise leur est venue à l'esprit. Pierre Desmarais dit que c'est le cas d'un enfant autiste qui l'a mis sur la piste. « S'il y avait trop de bruit en classe, en raison du déplacement des chaises et des pupitres, il se bouchait les oreilles et était incapable de fonctionner », raconte M. Desmarais.
«Bombes de poussières»
En discutant de son idée avec des responsables scolaires, M. Desmarais a réalisé que les balles de tennis utilisées par de nombreuses écoles ne faisaient pas l'unanimité. « On me disait qu'il fallait les changer toutes les années, sans compter qu'elles finissaient par devenir des bombes de poussières, ce qui n'est pas une très bonne chose pour les enfants asthmatiques. Un concierge m'a aussi dit qu'il en ramassait une vingtaine par semaine sur le toit de l'école. »
C'est dans le sous-sol de Pierre Desmarais que les deux complices ont mis au point leur invention : un morceau de feutre posé sur une gaine de caoutchouc qui s'insère autour de la patte de chaise. Il est plus durable qu'une balle de tennis et ramasse moins la poussière, selon M. Desmarais.
La commercialisation a débuté en 2003. « Les ventes ont doublé année après année et le produit est devenu rentable l'an dernier ». Les premiers exemplaires, fabriqués en Chine, ne faisaient pas l'affaire des deux entrepreneurs. Ils ont rapatrié la production dans une usine de 4500 pieds carrés à Gatineau. « À l'heure de la récession mondiale, notre produit est en pleine croissance et au lieu de sous-traiter nos produits dans d'autres pays, on les fabrique ici même, à Gatineau», grâce à une machine capable de fabriquer 5 millions de Flexifeutres par année.
Les deux ingénieurs terminent maintenant la mise au point d'un Flexifeutre « clair » qui s'adapte aux pattes de chaises des résidences. « Les grands magasins n'en voulaient pas parce qu'ils trouvaient notre produit trop durable par rapport aux feutres que les gens achètent et qui ne tiennent pas longtemps », raconte M. Desmarais. Le produit sera mis en vente sur Internet.











