Jean-Paul Ruszkowski, un consultant en commerce et développement international, vient d'obtenir le feu vert du Parti libéral du Canada pour être candidat, a appris LeDroit.
Peu connu des militants libéraux, M. Ruszkowski reconnaît qu'il doit surmonter un certain retard. « Je suis le nouveau. C'est du sang nouveau et les gens le savent. Je n'ai pas un profil public, mais pour beaucoup de gens, c'est rafraîchissant. Je n'ai pas été tout le temps en politique, même si j'ai déjà été conseiller pour des politiciens. »
« Je suis optimiste du fait que j'apporte de nouveaux membres. J'ai recruté des gens qui ont été désabusés et tannés de la politique. Il reste encore 20 jours et je vais continuer à approcher les membres. On vit en démocratie. Les deux autres candidats sont connus, mais ce n'est pas nécessairement automatique que les gens qui les connaissent vont traduire ça dans un vote. »
L'homme qui parle aussi l'espagnol, le polonais et l'anglais dit vouloir faciliter l'intégration des nouveaux Gatinois et protéger les intérêts des fonctionnaires. Il mentionne le pont sur l'île Kettle, un dossier qui, reconnaît-il, fait l'unanimité parmi les trois candidats. Il croit que les libéraux doivent s'unir pour battre le Bloc Québécois, car l'élection du député Richard Nadeau n'est pas vraiment dans la nature « fédérale » du comté.
Lutte à trois
M. Ruszkowski affrontera Steve MacKinnon, président de l'Association libérale fédérale de Gatineau depuis 2008, et Michel C. Simard, le candidat libéral aux élections fédérales d'octobre dernier, qui a terminé troisième derrière la néo-démocrate, Françoise Boivin, et le député bloquiste Richard Nadeau.
Dans les cercles libéraux, ce n'est un secret pour personne que M. MacKinnon est le candidat du chef du PLC, Michael Ignatieff. Ancien directeur national du PLC, M. MacKinnon était également responsable de la campagne de M. Ignatieff dans la course à la direction du parti. M. Simard, quant à lui, était le choix de l'ex-chef libéral, Stéphane Dion, lors des dernières élections.
La vice-présidente de l'association libérale fédérale de Gatineau et ancienne députée provinciale, Claire Vaive, dit ne pas connaître Jean-Paul Ruszkowski. Celle qui a dirigé la campagne de M. Simard lors de la dernière élection, et qui s'est maintenant jointe à l'équipe MacKinnon, estime que l'arrivée d'un troisième candidat fait partie de la démocratie.
« Moi, je dis toujours 'three is a crowd'. Mais, c'est de bonne guerre. Tout le monde a la chance de se faire connaître. »
Robert Loyer, président régional pour l'Outaouais au Parti libéral du Canada, section Québec (PLC-Q), soutient quant à lui que cette compétition prouve que, loin d'êtres divisés, les libéraux de Gatineau profitent d'une saine démocratie.
« Tu ne peux pas faire autrement qu'être content. Comment peut-on être contre ça ? Quand on parle de démocratie, on parle de choix. Le chef Michael Ignatieff a déjà promis qu'il y aurait des investitures dans les comtés où il n'y a pas de député libéral », dit M. Loyer.
De souche polonaise
Né à Paris en 1946, Jean-Paul Ruszkowski vient d'une famille qui a dû fuir l'invasion nazie de la Pologne en 1939. Il a passé son enfance en France et au Pérou, à Lima, où son père, André, était professeur. Il a fait des études en économie agricole aux États-Unis, à l'Université du Wisconsin. Il est arrivé au Canada à la fin des années 1960, lorsque son père est venu travailler à l'Université Saint-Paul d'Ottawa.
Résidant de Gatineau depuis 2000, Jean-Paul Ruszkowski a travaillé en Amérique latine pour l'Agence canadienne de développement international (ACDI), en plus d'avoir oeuvré en Afrique et en Europe. En 1990, il a été nommé vice-président du développement international pour le Groupe Canam-Manac, l'entreprise québécoise spécialisée dans les structures d'acier.











