Les règles, qui devaient régir les cliniques privées et les centres de santé pour femmes qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse (IVG), inquiétaient la direction de la Clinique des femmes où sont réalisées la quasi-totalité des interventions dans la région. Le gouvernement réclamait que les cliniques pour femmes se conforment aux mêmes exigences de pratique qui existent dorénavant pour les cliniques privées en se dotant d'un bloc opératoire.
Tollé
Mais devant le tollé soulevé par ces nouvelles normes jugées trop sévères, le ministre de la Santé Yves Bolduc avait demandé au Collège d'examiner le dossier et de lui faire des recommandations. Il avait fait savoir qu'il se plierait à ses conclusions.
« Nous sommes soulagés, même si on ne connaît pas encore les modifications mineures qui devront être apportées », a expliqué Sylvie Morin, directrice de la Clinique des femmes de l'Outaouais.
Le président et directeur général du Collège, le docteur Yves Lamontagne, a voulu rassurer la population au sujet des avortements de moins de 20 semaines qui se déroulent en milieu extrahospitalier. Il a affirmé qu'aucune donnée actuellement disponible concernant des patientes ayant subi des IVG à l'extérieur des hôpitaux au cours des dernières années au Québec ne laisse croire que leur santé ou leur sécurité aient été compromises.
Les cliniques doivent prévoir une salle réservée aux interruptions de grossesse comprenant une technique chirurgicale qui respecte les règles de base en matière de stérilité et l'accès à des stations de lavage dans le secteur des soins, a toutefois précisé le Dr Lamontagne.
« Nous allons pouvoir continuer de pratiquer des IVG dans les conditions actuelles. S'il faut faire quelques petits changements, nous les ferons. Mais on part de loin. Si les normes initiales avaient été imposées, nous aurions été obligés de démolir le secteur IVG de la clinique. C'était complètement impensable. C'est pourquoi nous ne sommes plus inquiets pour l'avenir », a ajouté Sylvie Morin.
Yves Lamontagne a par ailleurs déploré le dérapage des derniers jours, qui a mené à une véritable crise au cours de laquelle les intentions réelles du gouvernement à l'égard des avortements ont été remises en question.
« Je trouve juste que ç'a fait une tempête dans un verre d'eau et que, peut-être, si on s'était parlé plus régulièrement, ç'aurait évité cette campagne médiatique de 'qui a fait quoi', 'qui a dit quoi'», a-t-il déclaré
Il a refusé de blâmer qui que ce soit en particulier. « Jamais je ne ferai de commentaires sur des personnes, a laissé tomber le médecin. Je suis le genre qui déteste la médisance et la calomnie. »
Le docteur Lamontagne a néanmoins dit trouver malheureuses certaines déclarations et interprétations des représentants du ministère de la Santé.
Bolduc pris à parti
À Québec, les principaux partis d'opposition ont malgré tout continué hier de s'en prendre au ministre Bolduc.
Le porte-parole de l'Action démocratique (ADQ) en matière de santé, Eric Caire, a réclamé son congédiement pour la énième fois. « Yves Bolduc est une véritable catastrophe naturelle. On ne sait ni quand ni où il va frapper, mais on sait qu'il va frapper, et on sait que ça va causer beaucoup de fracas », a déclaré M. Caire, dans un communiqué.
Au Parti québécois, Bernard Drainville n'est pas allé jusqu'à souhaiter le départ du ministre, mais il lui a demandé de cesser de commettre « erreur après erreur ».
AVEC LA PRESSE CANADIENNE











