Les deux soupers-conférences auront lieu à six jours d'intervalle, le 10 septembre au restaurant Sterling, et le 16 septembre au Château Cartier.
Marc Bureau y expliquera sa vision économique en vue d'obtenir un second mandat à la mairie lors des élections municipales du 1er novembre.
« J'ai besoin de votre appui financier », écrit le maire Bureau dans une lettre d'invitation dont LeDroit a obtenu copie.
Changement de cap
Cette main tendue à la communauté d'affaires marque un changement de cap dans l'approche de Marc Bureau.
Lors de la campagne à la mairie de 2005, il s'était érigé en candidat du peuple par rapport à son adversaire Yves Ducharme.
Associé à la communauté d'affaires et aux puissants promoteurs immobiliers, Yves Ducharme avait obtenu un appui massif de leur part en 2005. Il avait reçu des centaines de contributions à 1000 $, le maximum permis par la loi.
De son côté, M. Bureau avait terminé la campagne avec une dette, après avoir emprunté 71 000 $ à son entourage.
À l'époque, Marc Bureau avait expliqué que c'était « par choix » qu'il avait préféré emprunter de l'argent plutôt que de solliciter les dons de la communauté d'affaires. « C'est un choix que nous avons fait dès le départ afin de ne pas avoir de dettes politiques à rembourser », a-t-il déclaré aux journalistes le 6 février 2006, trois mois après son élection à la mairie.
« [...] M. Bureau ne peut se permettre de les ignorer et bien des gens d'affaires apprécient sa façon de gérer la ville. » - Martin Potvin
Les deux soupers visent à « tendre une perche » à la communauté d'affaires, a expliqué Martin Potvin, attaché de presse du maire Bureau. En quatre ans, fait-il valoir, le maire a eu l'occasion de former des liens avec les entrepreneurs et commerçants.
« En tant que maire de la quatrième plus grande ville du Québec, M. Bureau ne peut se permettre de les ignorer et bien des gens d'affaires apprécient sa façon de gérer la ville. Ceci dit, il y aura autant, sinon plus, de soupers communautaires que lors de la dernière campagne électorale », assure M. Potvin.
Ses adversaires répliquent
Le changement de cap de Marc Bureau a surpris ses adversaires à la mairie, Aurèle Desjardins et Tony Cannavino.
« Nous allons nous aussi faire des événements de financement, mais jamais à la hauteur de 500 $ le couvert. On pense que le maire de Gatineau doit être accessible à tous les citoyens. Et on pense qu'en crise économique, le meilleur moyen de donner accès au maire, ce n'est pas en faisant des repas à 500 $ le couvert », a dit Philippe Boucher, attaché de presse d'Aurèle Desjardins.
« M. Bureau peut organiser sa campagne comme il veut, en autant qu'il n'y ait pas de manigances, a dit Tony Cannavino. Si M. Bureau invoquait un certain principe, il y a quatre ans, c'est à lui de vivre avec son changement de cap. Pour ma part, ceux qui vont vouloir contribuer à ma campagne pourront le faire, en autant qu'ils respectent le cadre légal. Mais ça ne voudra pas dire que je leur dois un retour d'ascenseur. »
Prudence dans la communauté
Après avoir tout misé sur Yves Ducharme en 2005, les gens d'affaires risquent de se montrer plus prudents cette fois-ci. « Pour notre part, on appuiera financièrement tous les candidats à la mairie », nous a confié un promoteur immobilier.
Propriétaire des Olympiques de Gatineau, Alain Sear a appuyé Yves Ducharme en 2005. Cette fois-ci, il acceptera les invitations de tous les candidats. « En matière de politique, on essaie de s'abstenir de tout commentaire. Après tout, notre mandat, c'est d'abord de gérer un club de hockey et d'offrir un bon spectacle. »












