En novembre 2007, la ministre de la Culture, des Communications et de la condition féminine, Christine St-Pierre, avait mandaté l'Office québécois de la langue française (OQLF) de vérifier le respect de la Loi 101 en matière de langue de service et d'affichage. La campagne de sensibilisation visait 900 commerces gatinois et faisait suite à une initiative semblable à celle menée à Montréal en 2006.
La population bernée
« Recul il y avait et recul il y a encore aujourd'hui. Je dirais même que c'est davantage vrai aujourd'hui. Mme St-Pierre avait pris un engagement, elle avait fait une promesse. Nous avons été bernés. Le gouvernement encourage l'érosion linguistique par son inaction et son silence », déplore Jean-Paul Perreault, président d'Impératif français.
Selon M. Perrault, le service en français est déficient et parfois même absent dans plusieurs commerces de Gatineau, notamment dans les secteurs d'Aylmer et de Hull.
« On observe sur le terrain beaucoup d'arrogance de la part des commerçants. On culpabilise littéralement les clients qui parlent le français dans certains commerces. Cette arrogance existe parce que le gouvernement l'encourage », soutient M. Perrault.
De son côté, l'OQLF affirme qu'aucune promesse n'avait été faite par la ministre St-Pierre.
« Pas de promesse »
« La ministre avait annoncé un projet mais il n'y a pas eu de promesse de sa part. Après l'annonce du projet de campagne éclair en 2007, un plan d'action a été mis sur pied au Québec. Nous avons préféré faire une campagne avec plus d'ampleur dans trois régions », explique Martin Bergeron porte-parole à l'OQLF.
La campagne de promotion du français intitulée Ici on commerce en français a été menée simultanément dans les régions de l'Outaouais, de Montréal et de l'Estrie du 13 décembre 2008 au 2 janvier 2009, soit plus d'un an après l'annonce du projet de « campagne éclair ». L'OQLF explique ce retard par la mise sur pied du plan d'action pour la promotion du français au Québec.
« Même si on me disait que la campagne éclair allait commencer demain matin, il s'agirait d'un pas dans la bonne direction mais ce qu'il nous faut, c'est un gouvernement responsable », estime M. Perreault.
Au moment d'aller sous presse hier, il n'avait pas été possible de rejoindre la ministre Christine St-Pierre.











