Dans une lettre envoyée au Conseil des services essentiels, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé de Gatineau (STTSG) s'indigne de cette situation. Il cite en exemple des bains complets qui ne sont donnés qu'aux deux ou trois semaines, le fait que des personnes en perte d'autonomie ne peuvent marcher suffisamment souvent en raison de l'insuffisance d'effectif, ainsi que le manque de temps pour faire manger ou habiller les résidents, qui sont parfois contraints de demeurer en vêtement de nuit toute la journée. Le syndicat mentionne aussi une augmentation des plaies de lit car les résidants ne sont pas changés de position assez souvent.
Claude St-Jean, le représentant syndical su STTSG-CSN, souligne que la lourdeur des cas dans les CHSLD ne cesse d'augmenter alors que les effectifs demeurent les mêmes depuis 2005. « Les gens sont vidés. Ils sont au bout du rouleau. Quand il manque de monde, les autres doivent se partager le travail entre eux. Toute cette situation est inacceptable. Je parle au nom du Syndicat mais aussi en mon nom à moi », a-t-il déploré.
Dans sa lettre, il soutient que le manque répété de personnel de soins dans les CHSLD est une situation qui se répète quotidiennement. « Chaque jour, nous travaillons en personnel réduit ce qui cause des services en moins pour les résidents », a-t-il écrit.
Claude St-Jean demande au Conseil des services essentiels de se pencher sur le cas de Gatineau. Selon lui, la loi stipule que l'employeur doit assurer la présence de 90 % des effectifs en cas de grève ou de moyens de pression mais que, dans les faits, il ne fournit que 60 % et même 50 % des employés nécessaires.
Selon lui, la direction du CSSSG a rejeté du revers de la main toutes les propositions syndicales visant à améliorer la situation. « Il faut que la population réagisse. Les gens ont pris pour acquis le manque de personnel mais ça ne peut plus continuer », a-t-il ajouté.
129 postes vacants
Le CSSSG précise qu'il manque effectivement de préposés aux bénéficiaires certains jours. Sur les 747 postes, 129 sont actuellement vacants et 33 sont le point d'être comblés. « Oui, il arrive que l'on manque d'effectifs certains jours mais on travaille depuis le 20 août avec le syndicat CSN et les gestionnaires de CHSLD. Nous avons une rencontre mensuelle prévue jusqu'en décembre pour trouver une façon d'améliorer notre plan de contingence afin de voir ce qui peut être fait quand il manque de préposés », a fait savoir Sylvain Dubé, porte-parole du CSSSG.
En ce qui concerne les bains, il a dit qu'une personne qui devait passer son tour par manque de personnel a droit à un bain dès le lendemain puisque son nom est inscrit sur une liste. « Il peut y avoir des cas isolés où il faut attendre un peu plus mais ils sont exceptionnels », a-t-il poursuivi.
En ce qui a trait aux plaies de pression, Sylvain Dubé a fait savoir que tous les cas doivent être documentés. Selon les plus récents chiffres, aucune augmentation n'a été enregistrée. Quant aux repas plus longs, il a rappelé que des bénévoles du CSSSG pouvaient prêter assistance au personnel mais que le syndicat avait refusé cette proposition. Il a mentionné qu'entre 55 et 70 préposés aux bénéficiaires étaient formés chaque année pour toute la région de l'Outaouais.
Le STTSG compte 2300 membres qui travaillent notamment comme préposés aux bénéficiaires, employés de bureau, préposés à l'entretien ménager et à la buanderie. Ils sont répartis dans les CLSC, les hôpitaux et dans les CHSLD La Pietà, le Foyer du Bonheur, Maison Bon séjour et Renaissance.











