Les hôpitaux de Hull et Gatineau ont versé 6,7 millions $ en temps supplémentaire et en primes

Les infirmières multiplient les heures

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Les infirmières sont payées à temps et demi quand elles travaillent plus longtemps que leur journée ou leur semaine régulière.

Archives, LeDroit

Caroline Barrière
Le Droit

Les coûts associés aux heures supplémentaires et aux primes versées aux infirmières ne cessent de grimper dans les hôpitaux de Hull et de Gatineau au cours des dernières années. Elles ont totalisé 6,7 millions $ pour l'année financière qui s'est terminée le 31 mars 2009.

Selon des documents obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information, le Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG) a dû défrayer 1,29 million $ pour les heures supplémentaires à Hull en 2006-2007 alors que ces sommes sont passées à 1,67 million $ l'année suivante pour atteindre 1,8 million $ en 2008-2009. Du côté de Gatineau, la facture a atteint 1,38 million $ en 2006-2007, puis 1,44 million $ en 2007-2008 et 1,61 million $ l'année dernière. Les primes versées aux infirmières, qui étaient d'un million $ environ dans chacun des hôpitaux en 2006-2007, ont elles aussi augmenté pour atteindre 1,83 million $ à Hull et 1,48 million $ à Gatineau en date du 31 mars 2009.

Le syndicat représentant les infirmières et infirmières auxiliaires du CSSSG n'est pas étonné par les sommes qui sont versées à ses membres et par le fait qu'elles ne cessent d'augmenter année après année. La présidente, Élisabeth Leduc, rappelle que le manque de personnel et le développement de nouveaux services sont des facteurs qu'il faut toujours prendre en considération. « On a besoin de bras, de gens. Il a des embauches qui sont faites mais il y a aussi des départs. On espère toujours que les différentes initiatives qui sont mises sur pied donnent de bons résultats », a-t-elle dit.

Les infirmières sont payées à temps et demi quand elles travaillent plus longtemps que leur journée ou leur semaine régulière. Des primes salariales son aussi offertes depuis 2000 à celles qui acceptent de travailler le soir, la nuit et les fins de semaine. Elles étaient entrées en vigueur à la suite d'une recommandation du Conseil des services essentiels car les infirmières refusaient, en bloc, de faire du temps supplémentaire. À deux reprises, soit en 2004 et en 2006, le retrait des primes avait été envisagé mais cette mesure n'avait pas été mise en application très longtemps à la suite du tollé qu'elle avait soulevé chez les infirmières.

Élisabeth Leduc souligne que l'Outaouais doit faire face à la proximité d'Ottawa et au fait que les agences privées d'infirmières peuvent offrir des salaires plus alléchants avec des conditions plus intéressantes.

« Ici, quand une infirmière termine son quart de travail, elle ne peut pas quitter si elle n'est pas remplacée. Elle est forcée de faire du temps supplémentaire. Les primes aident mais elles ne sont pas la solution et le temps supplémentaire use les gens. Ça prend du monde et il faut garder notre monde heureux », précise la présidente.

Le CSSSG rappelle, lui aussi, la pénurie de personnel infirmier qui touche la région. Son porte-parole, Sylvain Dubé, mentionne que d'autres éléments contribuent à ce manque d'infirmières. Il cite l'augmentation du volume de chirurgies et d'hospitalisations qui nécessitent davantage de soins et de visites à domicile. Il ajoute également la hausse du nombre de références en provenance des cliniques médicales pour des soins additionnels à domicile, les campagnes de vaccination, la mise en place de l'accueil et orientation clinique ainsi que l'ouverture de deux hôpitaux de jour gériatrique.

Agences privées,

En mai dernier, LeDroit rapportait que le recours aux agences privées, pour combler les besoins en personnel infirmier, avait coûté 12 millions $ en 2008-2009, ce qui faisait de l'Outaouais l'une des régions les plus dépendantes des agences d'infirmières au Québec. Durant cette période, près de 179 000 heures avaient été travaillées dans le réseau public de santé par ces infirmières en provenance du privé. À lui seul, le CSSS de Gatineau, qui est le Centre le plus important avec ses hôpitaux de Hull et Gatineau, avait dû débourser 7 millions $ pour combler 12 000 heures de travail.

L'Agence de la santé et de services sociaux de l'Outaouais a déjà dit souhaiter que les hôpitaux et les Centres d'hébergement de soins de longue durée diminuent leur recours aux heures supplémentaire de leur personnel infirmier et aux agences privées. Pour y arriver, Céline Jacob, porte-parole de l'Agence, a insisté sur la formation de ressources additionnelles dans la région par l'entremise du Campus santé Outaouais au cours des deux prochaines années.

Mais selon Élisabeth Leduc, il faudra beaucoup plus de temps pour remédier à la pénurie qui frappe l'Outaouais.

Avec William Leclerc

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