Des chercheurs tentent d'expliquer le phénomène

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Les accumulateurs ne peuvent pas s'empêcher de rassembler des objets, qu'il... (Michel Lafleur, LeDroit)

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Michel Lafleur, LeDroit

Caroline Barrière
Le Droit

Les accumulateurs ne peuvent pas s'empêcher de rassembler des objets, qu'il s'agisse de journaux, de papiers, de circulaires, de déchets, de boîtes de céréales vides, de plantes, de vêtements, de pièces d'équipement brisés, de chats, de reçus, de catalogues, de bouteilles vides ou d'insectes morts. Ces personnes sont très différentes des collectionneurs car elles amassent toutes ces choses de manière compulsive sans vraiment pouvoir s'arrêter.

Kieron O'Connor, professeur au département de psychoéducation et de psychologie de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), est également directeur du Centre d'études sur les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) et les tics au Centre Fernand-Séguin à Montréal. Avec son équipe, il a mis en place un projet portant sur l'étude et le traitement de l'accumulation dans la région. Les TOC peuvent toucher plusieurs aspects de la vie comme le fait de se laver les mains de manière répétitive, vérifier si la cuisinière est bel et bien éteinte ou s'assurer que la porte de la maison a été fermée à clé. «Ces gestes peuvent arriver à tout le monde mais pour les personnes qui souffrent de TOC, ils surviennent tout le temps. C'est plus fort qu'eux», précise le chercheur.

 

L'accumulation fait partie des TOC et derrière ces gestes répétés, c'est l'obsession qui domine. «Les gens gardent toutes ces choses au cas où ils en auraient besoin un jour. Ils se disent qu'ils sont plus responsables, qu'ils consomment moins. En fouillant dans les poubelles, ils ont l'impression de sauver les objets», explique Kieron O'Connor.

L'accumulation empoisonne la vie des gens, provoque des problèmes de fonctionnement, de salubrité et peut mener à la rupture et au divorce. Certains ne veulent plus admettre de visiteurs dans leur maison. Ils s'habituent à vivre à l'étroit alors que certaines pièces deviennent inhabitables.

Expérience en bas âge

Le chercheur croit que l'accumulation peut s'expliquer par l'enfance et n'a rien à voir avec le statut socio-économique. «Il est souvent question d'une expérience ou d'une insécurité survenue en bas âge. Ces personnes traitent ensuite les objets comme de petites personnes dont il devient difficile de se débarrasser quand vient le temps d'entrer en relation avec les autres. Les accumulateurs deviennent anxieux à l'idée de se débarrasser de leurs objets. Ce n'est jamais le bon moment. Ils disent qu'ils vont faire le ménage une autre fois», dit-il.

Réalité virtuelle

L'accumulation peut être traitée à l'aide de médicaments comme des antidépresseurs et en suivant une thérapie. Kieron O'Connor veut aider au traitement des gens en développant une validation par l'entremise de la réalité virtuelle du laboratoire de cyberpsychologie clinique de l'UQO. L'équipe de recherche souhaite recréer l'environnement des accumulateurs dans la voûte de l'Université. Grâce à cet espace, les spécialistes pourront voir comment ils réagissent quand vient le temps de classer, de ranger et de jeter des choses. Ils pourront peut-être répéter ces gestes une fois de retour à la maison.

L'étude, lancée en juillet, regroupe trois participants même si le professeur voudrait en suivre une dizaine. «L'accumulation est souvent perçue comme n'étant pas un vrai problème. Les gens pensent que c'est plutôt un trait de leur personnalité.»

Les personnes intéressées à participer à l'étude de Kieron O'Connor peuvent le contacter au 819-595-3900 poste 2220.

Groupe de soutien en Outaouais

Kieron O'Connor, qui est également conseiller scientifique auprès de la Fondation québécoise pour le trouble obsessionnel-compulsif, a mis sur pied un groupe de soutien en Outaouais pour les accumulateurs, en collaboration avec Centre hospitalier Pierre-Janet à Gatineau. Une fois par mois, Kieron O'Connor rencontre ceux et celles qui veulent discuter de leur problème d'accumulation. Ils peuvent alors être accompagnés de leurs familles ou de leurs proches.

«On veut ainsi amener les accumulateurs à chercher de l'aide», a indiqué Pierre Gagnon, directeur général de Pierre-Janet qui a ajouté que le comité d'éthique et de recherche de l'établissement avait approuvé le projet. La prochaine réunion se tiendra le 6octobre à 16h au 22, rue Pharand à Hull.

Ressources:

Site Internet de la Fondation québécoise pour le trouble obsessionnel-compulsif: fqtoc.mtl.rtss.qc.ca

Téléphone: Courriel:

1-888-727-0012 fqtoc@hotmail.com

 

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