C'est pourquoi le centre de cancérologie de l'hôpital de Gatineau, qui doit être inauguré cet automne, permettra d'augmenter le nombre de traitements ainsi que leur précision, grâce à de l'équipement à la fine pointe de la technologie.
Environ 10 000 personnes ont reçu un diagnostic de cancer aux hôpitaux de Hull et de Gatineau entre 2004 et 2008. Comme partout ailleurs au Québec et au pays, ce sont les cancers du poumon, du sein et de la prostate qui touchent le plus la population.
Près des deux tiers des personnes aux prises avec un cancer, soit 6675, ont reçu leurs traitements à Gatineau, contre 3792 à Hull, selon des documents obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information auprès du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau. La période visée s'étend du 1er avril 2004 au 12 septembre 2008.
Une répartition complexe
Le Dr Mustapha Chelfi, radio-oncologue à l'hôpital de Gatineau, souligne toutefois que cette répartition n'est pas aussi simple : les deux hôpitaux offrent chacun certaines spécialités. Essentiellement, les cas de tumeurs solides comme le sein et le poumon sont suivis à Gatineau alors que les tumeurs liquides, telles que les tumeurs lymphoïdes et hématopoïétiques, sont traitées à Hull à cause de la présence de deux hémato-oncologues.
« Il y a une complémentarité entre les deux sites », poursuit le Dr Chelfi. En effet, la radiothérapie et la curiethérapie ne sont offertes qu'à Gatineau, là où l'équipement spécialisé nécessaire aux traitements est disponible. C'est d'ailleurs là que le nouveau pavillon de cancérologie a été érigé.
Il cite en exemple les 96 cas de cancer du cerveau et des méninges qui sont enregistrés à Hull, là où la neurochirurgie est offerte. De ce nombre, 41 personnes ont dû se rendre à Gatineau afin de pouvoir bénéficier de la radiothérapie. En ce qui a trait au système respiratoire et au coeur, la majorité des patients (1131 personnes) sont suivis à Hull à cause de la présence de la chirurgie thoracique. De ce nombre 713 ont aussi reçu des traitements de radiothérapie à Gatineau.
À l'inverse, l'oto-rhino-laryngologie (ORL) est essentiellement concentrée à Gatineau avec 684 cas contre 47 à Hull. « Ce sont souvent des personnes qui sont admises à l'urgence de Hull », souligne le spécialiste.
Il en est de même avec les cancers des organes génitaux féminins - 189 cas à Gatineau et 74 à Hull - puisque les gynécologues se retrouvent à Gatineau.
Il rappelle que les patientes atteintes de cancers gynécologiques ne font pas partie de ces statistiques. En effet, il n'y a pas de gynécologie oncologique à Gatineau. Celles qui doivent subir une chirurgie ou des traitements doivent se rendre à l'hôpital Général, de l'autre côté de la rivière des Outaouais.
De plus, ces données ne tiennent pas compte des personnes qui sont prises en charge dans un Hôpital d'Ottawa. « Il y a alors une certaine sous-représentation pour nous quand ces patients traversent en Ontario », ajoute le Dr Chelfi.
À Hull et Gatineau, les traitements de chimiothérapie ont totalisé 7492 en 2007-2008 et 7453 en 2008-2009. En radiothérapie, les traitements sont seulement offerts à Gatineau. Pour 2007-2008, leur nombre a été de 895 contre 837 en 2008-2009. Les traitements en curiethérapie, seulement offerts à Gatineau, ont été de 115 en 2007-2008 pour atteindre 135 l'année suivante.
Une perspective qui fait peur
Selon les données actuelles portant sur l'incidence générale de cancer, une personne sur deux aura une forme de cancer d'ici 2015. « Évidemment, c'est une perspective qui fait peur. C'est alarmant et bouleversant. C'est pourquoi de plus en plus de ressources sont nécessaires pour faire face au cancer », estime le radio-oncologue.
Le centre de cancérologie permettra de faire passer le nombre de traitement de chimiothérapie de 25 à 60 par jour et de 70 à 105 en radiothérapie. Ces services sont déjà offerts aux patients au sein du nouvel édifice. Il permettra également un accès plus rapide à la curiethérapie.
L'Outaouais a le taux de mortalité par cancer le plus élevé.
Il est de 213 décès sur 100 000 dans la région comparativement à 209 par 100 000 au Québec.
Avec William Leclerc












