L'autobus gratuit pour les aînés en dehors des heures de pointe

Une promesse qui pourrait être inefficace et discriminatoire

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Deux candidats à la mairie de Gatineau promettent de rendre l'autobus gratuit... (Archives, LeDroit)

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Archives, LeDroit

Patrick Duquette
Le Droit

Deux candidats à la mairie de Gatineau promettent de rendre l'autobus gratuit pour les aînés en dehors des heures de pointe. Séduisante à première vue, cette promesse faite tour à tour par Aurèle Desjardins, puis Tony Cannavino, pourrait toutefois s'avérer inefficace et discriminatoire.

« En Europe, il a été observé que ce n'est pas la gratuité qui rend plus accessible le transport public. La gratuité fait que les gens qui utilisent déjà les transports en commun vont continuer de le faire. Du point de vue de l'accessibilité, la méconnaissance des services de transport en commun est un plus grand facteur que les facteurs financiers », affirme Céline Gauthier, porte-parole de la Société de transport de l'Outaouais.

Le transport gratuit aux aînés se traduirait par un manque à gagner de plusieurs centaines de milliers de dollars pour la STO. Aucune étude n'a été faite pour mesurer l'impact de la gratuité seulement dans les périodes hors pointe, comme le promettent les deux candidats à la mairie. Mais on sait que la gratuité en tout temps pour les aînés coûterait environ 600 000 $ par année à la STO.

En plus de se traduire par un manque à gagner annuel de plusieurs centaines de milliers de dollars, les engagements d'Aurèle Desjardins et de Tony Cannavino risquent de s'avérer discriminatoires, du moins à la lumière de ce qui est présentement étudié dans les sociétés de transport du Québec.

Le revenu plutôt que l'âge

La mode n'est pas à la gratuité, encore moins à des tarifications élaborées en fonction des groupes d'âge. C'est plutôt le revenu annuel des usagers dont on veut se servir pour établir les bases d'une « tarification sociale ».

Ainsi, les sociétés de transport préfèrent consentir des rabais sur les billets de transport non seulement aux personnes

âgées ou aux étudiants (comme c'est déjà le cas à la STO), mais aussi à d'autres groupes moins nantis, comme les handicapés ou les bénéficiaires de l'aide sociale.

De concert avec l'Association du transport urbain du Québec (ATUQ), la Société de transport de l'Outaouais travaille d'ailleurs sur une politique de tarification sociale.

Les critères d'admissibilité seraient décidés en collaboration avec Revenu Québec. « C'est vers cela qu'on s'oriente pour le moment à la STO. Une politique de tarification sociale est beaucoup plus équitable », a dit Céline Gauthier.

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