« La Ville a l'autorité de l'évacuer, mais elle ne l'a pas fait », dénonce le coordonnateur, François Roy.
La façade du 23, rue Morin, est a été placardée de pancartes électorales du maire sortant, Marc Bureau, et du conseiller municipal responsable des dossiers liés à l'habitation, Luc Angers.
M. Roy s'est défendu, souriant, d'avoir lui-même récupéré les pancartes ailleurs dans la ville pour les brocher au mur de l'édifice, jugé insalubre. « On ne les a pas décrochées. Il ventait fort, a dit François Roy. De toute façon, on leur fait de la bonne publicité ! »
Le 23, Morin, tout comme les bâtiments des adresses civiques 25 et 27, doit être détruit pour faire place à du logement social, plaide M. Roy. Son organisme a pu trouver une place temporaire à la famille évacuée, neuf réfugiés originaires de la Côte d'Ivoire, jusqu'à son déménagement dans une habitation à loyer modique, en novembre prochain.
L'insalubrité n'est pas la faute des anciens résidants, « des gens consciencieux et très propres, qui, comme beaucoup de gens, ne peuvent trouver de logement assez grand et abordable. »
Appelé à réagir, le maire Bureau, a assuré que le dossier des taudis de la rue Morin progressait. « On vient de terminer la liste des déficiences », dit-il, rappelant que les avocats de la Ville rencontreront bientôt ceux du propriétaire. « Dans ce cas précis, précise-t-il, la responsabilité ne revient pas seulement au propriétaire. L'occupant a une bonne part de responsabilité là-dedans. »
L'organisme dénonce depuis des années le propriétaire de ces logements, Paul Tovan, qui ne fournirait pas le strict minimum prévu par la Régie du logement. « On trouve des coquerelles et des rats, la structure est en train de s'effondrer, les problèmes électriques peuvent causer un incendie à tout moment, des infiltrations d'eau et une isolation déficiente qui fait monter les coûts de chauffage à 2 000 $ par année. »
« À Gatineau, c'est 9 % du parc de logements locatifs qui a besoin de réparations majeures, poursuit M. Roy. On est trop complaisant auprès des propriétaires. La Ville devrait se porter acquéreur de l'endroit et construire du logement social. »
Le maire sortant a vivement déploré le fait que certaines affiches électorales aient été retirées des rues de la ville, en contravention avec la loi, pour être placardées sur les murs d'édifices en décrépitude. « Je ne poursuivrai pas M. Roy pour avoir touché à mes pancartes électorales, a indiqué M. Bureau. Mais je trouve ça dommage, parce qu'on travaille très fort dans le dossier. »
AVEC PATRICE GAUDREAULT












