Le syndicat et la direction du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG) en sont venus à une entente pendant la nuit à la suite de l'intervention d'un médiateur du Conseil des services essentiels (CSE).
Une vingtaine d'infirmières et d'inhalothérapeutes s'étaient présentées sur leur lieu de travail, jeudi matin, mais n'avaient pas voulu entrer dans les salles d'opération. Elles se disaient à bout de souffle parce qu'elles doivent travailler avec seulement 40 % des effectifs réguliers en plus d'assumer des gardes jugées très lourdes.
« Nos membres sont épuisées et elles disent que la situation est dangereuse quand elles fonctionnement à 40 % du personnel depuis des mois. C'est vraiment un cri du coeur. Elles ne veulent pas nuire à personne. Elles sont pleines de bonne volonté, mais elles ne sont plus capables. Le danger, il est là pour les patients et pour les infirmières », a déclaré Élisabeth Leduc, présidente du syndicat.
Les infirmières et inhalothérapeutes voudraient également bénéficier d'une prime de 10 % qui a été accordée dans le passé aux infirmières qui travaillent à l'urgence, aux soins intensifs et en hémodialyse afin de freiner la pénurie de personnel.
Embauches inférieures aux départs
Malgré l'octroi du statut particulier pour l'Outaouais, des primes accordées pour les quarts de travail de soir et de nuit, le rehaussement de poste et des changements de structure, Élisabeth Leduc rappelle que le nombre d'embauches demeure inférieur au nombre de départs. « On travaille souvent en dessous des normes du CSE. Tout le CSSSG fonctionne avec 70 % des effectifs pour les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes. Il y a tellement peu d'espoir qu'on souhaite une solution miracle », a ajouté Élisabeth Leduc.
Révision de l'organisation du travail
Afin de dénouer l'impasse, un médiateur du CSE est intervenu jeudi. Les parties ont convenu de mettre sur pied un comité qui devra réviser l'organisation du travail afin d'alléger la garde. « On veut revoir le fonctionnement du bloc opératoire et déterminer les responsabilités qui incombent aux infirmières. On veut également revoir la structure du recrutement et la dotation ainsi que l'affectation des postes de nuit en période de pénurie », a déclaré Sylvain Dubé, porte-parole du CSSSG.
De leur côté, le syndicat s'est engagé à continuer à travailler comme à l'habitude.
Le CSSSG devra, pour sa part, mettre sur pied un mécanisme de suivi et de contrôle des priorités opératoires. Cette mesure pourrait se traduire par un certain allégement du nombre de chirurgies et un plus grand respect du temps alloué pour les repas et les périodes de repos. Selon nos informations, des infirmières déploraient le fait que des chirurgies électives étaient pratiquées les fins de semaine.
Selon Sylvain Dubé, le CSSSG doit conjuguer les besoins de services de la population au contexte de pénurie. Il a indiqué que le CSSSG faisait souvent appel aux agences privées d'infirmières afin de réduire la lourdeur de la tâche des infirmières en place mais qu'il devait également respecter le cadre budgétaire. Il n'a pas voulu confirmer si le niveau d'effectif était effectivement de 40 % au bloc opératoire.
Les deux parties devraient se réunir d'ici la fin du mois pour faire avancer le dossier. Elles remettront leur rapport au CSE à la fin du mois de février.
Annulation de 11 chirurgies
Le sit-in a entraîné l'annulation de 11 chirurgies électives déjà prévues. Les patients ont été avisés de la situation et leur opération sera remise, en priorité, à l'horaire en fonction des disponibilités des chirurgiens. Toutefois, les deux urgences opératoires qui sont survenues pendant la journée jeudi ont été réalisées, assure le CSSSG.
L'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais a rappelé que l'enjeu de la main-d'oeuvre était le défi des prochaines années puisque la pénurie était significative en Outaouais. Selon son président et directeur général, le Dr Guy Morissette, il faut voir les risques de ruptures de service sur une base quotidienne et hebdomadaire en priorisant certains éléments et en trouvant des solutions sur mesure afin qu'ils ne se produisent pas. « L'aménagement du temps de travail et l'organisation du travail demandent un changement de culture. On doit réduire l'impact de la pénurie sur nos ressources », a-t-il indiqué.
La députée de Hull, Maryse Gaudreault a dit percevoir le geste des infirmières comme un signal d'alarme. Elle n'a pas fermé la porte à une réallocation ou à une augmentation budgétaire pour tenter de corriger la situation.













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