M. Bureau a été relativement épargné par ses deux principaux adversaires, trouvant même le moyen de sortir un lapin de son chapeau au cours du débat de deux heures organisé par Radio-Canada.
Durant la première heure télédiffusée de ce « forum public », Tony Cannavino et Aurèle Desjardins ont donné l'impression de passer plus de temps à s'entre-déchirer qu'à s'attaquer au bilan du maire sortant.
Quand M. Desjardins a accusé M. Cannavino de « revenir dans le coin après cinq ans et de découvrir que Gatineau existe », M. Cannavino a rétorqué en l'accusant de dire des « mensonges ».
Le maire Bureau, qui hésitait à participer à des débats de peur de se faire « taper dessus pendant deux heures », n'a pas eu besoin de se coiffer d'un casque de construction.
Il a eu tout le loisir de démontrer, chiffres à l'appui, qu'il a réalisé deux fois et demie plus de travaux d'infrastructures que son prédécesseur à la mairie.
Un public mordant
En fait, l'offensive la plus inattendue de la première heure est venue du public qui assistait au débat présenté en direct de la Maison du citoyen.
Le maire Marc Bureau venait tout juste de révéler que le conseil municipal s'était donné « un cadre financier de 2,5 % par année » pour négocier avec ses employés municipaux. On a alors passé le micro au président de la Fraternité des policiers, Rock Legault, qui était assis parmi le public. « Si vous nous offrez ça, on est prêt à revenir s'asseoir avec vous », a dit M. Legault.
C'est surtout au cours de la seconde heure de l'émission, diffusée seulement sur le site web de la société d'État, que les choses se sont corsées pour Marc Bureau.
Peut-être parce que les thèmes s'y prêtaient davantage, il a dû faire face aux feux croisés de ses deux plus sérieux adversaires en matière de culture, d'environnement, de logements sociaux.
M. Cannavino l'a notamment accusé d'avoir trop tardé en ne présentant qu'en juillet dernier sa liste de projets admissibles aux programmes fédéral-provincial d'infrastructures.
Quand à Aurèle Desjardins, il a reproché au maire d'avoir manqué le bateau en n'incluant par le projet de grande bibliothèque dans la liste de demandes.
Plus tard, M. Bureau a évité de répondre à une question embarrassante de Tony Cannavino sur l'échec du partenariat public-privé de l'aréna Guertin et le congédiement de la vérificatrice générale.
Sur le fond, le débat d'hier n'a pas amené beaucoup d'idées neuves - du moins pour quiconque suit de près la campagne municipale -, si ce n'est cette promesse du maire Bureau de créer une politique du patrimoine, advenant sa réélection le 1er novembre. M. Bureau a promis de créer cette politique afin d'éviter la répétition d'erreurs comme celle ayant mené à la destruction de la majeure partie de l'hôtel historique Chez Henri.
Pris de court par cette promesse inédite, Aurèle Desjardins a réagi en disant qu'une politique du patrimoine n'aurait pas empêché la destruction de l'hôtel du centre-ville.
Quant à Tony Cannavino, il a reproché au maire de ne pas avoir délégué un superviseur pour s'assurer que les travaux de démolition du Chez Henri se faisaient dans les règles.
Même s'ils n'affichaient pas la même maîtrise des dossiers que les trois principaux candidats, Richard Gravel, Roger Fleury et Luc Desjardins ont obtenu chacun leur instant de gloire grâce à une intervention bien tournée ou à une citation croustillante.
Luc Desjardins s'est fait remarquer en tutoyant le maire Bureau et en insistant, quand l'animateur Michel Picard donnait la parole à « M. Desjardins », pour qu'on précise lequel...












