La dépendance aux opiacés traitée en Outaouais

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Caroline Barrière
Le Droit

Les personnes aux prises avec une dépendance aux opiacés peuvent dorénavant être traitées en Outaouais. En recrutant un nouveau médecin, le centre Jellinek est en mesure de mettre en place un programme de substitution à la méthadone.

Le ministère de la Santé avait accepté de financier cette initia­tive, il y a deux ans, mais le cen­­­tre Jellinek n'avait qu'un seul mé­­decin en mesure de s'occuper des patients, alors qu'il lui en fallait deux pour assurer le suivi hebdomadaire dans certains cas. L'arrivée de ce nouveau mé­­decin a permis de compléter l'équipe formée également d'une infirmière et d'une travailleuse sociale.

Le directeur général du centre Jellinek, Raymond Rochon, explique que les médecins qui prescrivent de la méthadone doivent détenir une autorisation de Santé Canada, puisqu'il s'agit d'un médicament restreint. « Ce n'est pas tous les médecins qui sont intéressés à s'embarquer là-dedans », dit-il.

Les personnes dépendantes peu­­vent consommer de l'héroïne mais aussi des dérivés de la morphine, comme le Dilaudil et le De­­merol. La méthadone est l'un de ces dérivés, mais elle provoque moins d'effets secondaires. « On ne parle pas seulement des sans-abri. Une bonne partie des gens que l'on traite a développé une dépendance à la suite de prescriptions contre la douleur », précise-t-il.

L'équipe pourra voir entre 20 et 30 personnes pendant la journée où elle sera en place pendant la semaine. « On pourra ainsi ra­­patrier de 12 à 15 personnes qui sont suivies à Montréal et qui se rendent là-bas à leurs frais, une fois par mois ou aux deux mois. Des personnes sont aussi traitées à Ottawa et elles pourront l'être ici. Elles n'auront pas à assumer les coûts, car le programme est gratuit », ajoute le directeur général.

Le programme sera très encadré, puisque les personnes de­­vront être évaluées par la travail­­leuse sociale, l'infirmière et le mé­­decin. Des suivis seront menés par des tests d'urine et des tests sanguins. Le service ne sera pas disponible pour les personnes qui utilisent de la méthadone pour des douleurs chroniques. Il s'adresse seulement à celles qui ont une dépendance aux opiacés. La méthadone permet aux gens de garder leur emploi alors que leur entourage peut ne pas être au courant de leur problème de dépendance. Les usagers du programme recevront leur méthadone dans les pharmacies et non pas au centre Jellinek.

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