Le ministre responsable de l'Outaouais aurait séjourné sur le yacht de l'entrepreneur controversé

MacMillan nie avoir rencontré Accurso

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« Je ne connais pas cette personne (Tony Accurso), je ne lui ai jamais parlé, je ne l'ai jamais croisée. Et je ne suis certainement jamais allé dans les Caraïbes de ma vie », a affirmé Norm MacMillan.

ARCHIVES, LeDroit

Philippe Orfali
Le Droit

Le député de Papineau Norman MacMillan aurait séjourné sur le somptueux yacht d'un entrepreneur controversé, ont accusé hier le politicien déchu Benoit Labonté et la chef parlementaire de l'Action démocratique du Québec Sylvie Roy. Le principal intéressé a catégoriquement réfuté ces allégations, hier soir, en entrevue avec LeDroit.

Soupçonné de corruption puis expulsé du parti Vision Montréal le week-end dernier, Benoit Labonté s'est attaqué à une bonne partie de la classe politique québécoise - dont trois ministres libéraux - hier, dans une entrevue-fleuve à Radio-Canada.

Quelques heures auparavant, à l'Assemblée nationale, la chef intérimaire de l'ADQ créait la commotion en soutenant que le premier ministre Jean Charest connaissait le nom de trois ministres de son gouvernement qui s'étaient rendus sur le luxueux yacht de Tony Accurso, situé dans les Caraïbes.

Sans les nommer, Mme Roy faisait référence à la ministre des Transports, Julie Boulet, au ministre délégué des Transports et ministre responsable de l'Outaouais Norman MacMillan, ainsi qu'à l'ancien titulaire du Travail, David Whissell.

Les trois ont nié à maintes reprises le printemps dernier s'être rendus sur le bateau de l'entrepreneur controversé.

« Mensonges », dit MacMillan

M. MacMillan a à nouveau démenti ces allégations, hier soir. « Je ne connais pas cette personne, je ne lui ai jamais parlé, je ne l'ai jamais croisée. Et je ne suis certainement jamais allé dans les Caraïbes de ma vie », a répondu le député.

« J'ignore complètement d'où proviennent ces supposées informations. Il s'agit de fabulation totale, je n'ai jamais pris de ride de bateau avec ce monsieur-là. »

M. Whissell a lui aussi répété ses dénégations hier. Mme Boulet était à l'extérieur du Québec, mais elle a déjà soutenu publiquement ne jamais avoir rencontré l'entrepreneur montréalais.

En entrevue à Radio-Canada hier après-midi, Jean Charest a soutenu que les vérifications avaient lavé les trois ministres de tout soupçon. « On a vérifié auprès de ces personnes-là et dans les trois cas l'information est fausse », a fait valoir le premier ministre, qui a nommé lui-même les trois élus.

Il n'y a pas eu de requête à la police pour une contre-vérification, toutefois.

C'est le chef de cabinet de M. Charest, Dan Gagnier, qui l'a appelé pour l'interroger à ce sujet, soutient M. MacMillan. « On a discuté au téléphone au mois de mars. Je lui ai dit que je ne connaissais pas M. Accurso, que je ne prenais pas ça au sérieux. On m'a cru », a dit M. MacMillan.

Une enquête publique demandée

Mais les réponses du premier ministre et de son cabinet ne suffisent pas, dit M. Labonté. Une enquête publique sur les ramifications entre les politiciens de tous les paliers et leurs bailleurs de fonds de l'industrie de la construction s'impose, croit celui qui a été limogé après avoir reconnu ses liens avec Tony Accurso, des liens qu'il avait formellement niés par le passé.

« C'est tellement gros, tellement gangrené, il faut absolument une enquête publique dans les meilleurs délais », a-t-il soutenu.

Le problème du copinage entre politiciens et entrepreneurs ne se limite pas à l'ordre municipal, a prévenu l'ancien bras droit de Louise Harel. « C'est tellement les mêmes joueurs... La construction, les travaux publics, [...] il y a trop de collusion potentielle, cela touche le financement des partis politiques. (Une enquête) s'impose », a-t-il lancé, sans équivoque.

Hier encore, à l'Assemblée nationale, le premier ministre Charest a repoussé les demandes pressantes de l'opposition, qui réclame toujours le déclenchement d'une enquête publique sur la construction. Les libéraux ont défait une résolution en ce sens venue de l'opposition.

Jean Charest soutient qu'il préfère attendre le résultat des enquêtes policières en cours. « On est en plein coeur d'un certain nombre d'enquêtes. On n'a pas exclu la possibilité d'aller plus loin, mais il faut prioriser les enquêtes (policières) », a-t-il lancé.

AVEC LA PRESSE

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