L'accord interprovincial inquiète aussi l'UPA de l'Outaouais

Les agriculteurs veulent protéger leur territoire

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Louis Lafortune
Le Droit

Une région en croissance comme l'Outaouais a besoin plus que jamais de protéger son territoire agricole qui subit de plus en plus de pression de l'urbanisation et d'autres développements comme des terrains de golf, affirme le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) en Outaouais-Laurentides, Richard Maheu.

« Une terre, quand elle se fait construire en bungalow, elle ne produit plus d'aliments. Un pays sans agriculture, c'est un pays qui est pauvre », a lancé M. Maheu hier, lors d'un point de presse en marge de la réunion annuelle de l'UPA Outaouais.

Plus d'une centaine de membres ont aussi reçu la visite de leur président provincial Christian Lacasse.

Ce dernier a rappelé que l'UPA réclame une meilleure protection des terres agricoles, surtout face aux récents assouplissements proposés à la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.

« Depuis les 10, 15 dernières années, on perd de 3000 à 4000 hectares de terre au Québec. Il y a un transfert des terres agricoles vers l'urbanisation. Ce n'est pas un assouplissement que ça prend, mais un renforcement de la loi, particulièrement dans une région comme l'Outaouais », affirme M. Lacasse.

En plus du développement domiciliaire, Richard Maheu donne l'exemple de terrains de golf, dont certaines en Haute-Gatineau, construits sur des terres agricoles.

Accord sur le commerce intérieur

Les agriculteurs de l'UPA, qui compte 1200 membres en Outaouais, sont aussi inquiets face à l'Accord sur le commerce intérieur (ACI) entre les provinces du Canada, qui a récemment été entériné par le Québec.

Selon l'UPA, le Québec a des normes qui assurent une qualité inégalée de ses produits agricoles. M. Lacasse donne l'exemple du yogourt au Québec qui doit être fabriqué à partir de lait entier, ce qui n'est pas le cas dans d'autres provinces. Le Québec a aussi des normes très strictes pour les produits biologiques.

L'UPA craint donc que ces normes soient contestées par d'autres provinces. « C'est ce qu'on appelle le nivellement pas le bas. Le Québec pourrait perdre une partie de sa juridiction », dit Christian Lacasse.

L'UPA veut aussi le renouvellement de l'entente sur la Financière agricole du Québec (FADQ), ce filet de sécurité qui assure un revenu stable aux producteurs par l'entremise de programmes comme l'assurance-récolte.

Les quelque 800 producteurs de bovins de l'Outaouais doivent notamment composer avec des bas prix dernièrement et la FADQ permet de combler l'écart entre les prix offerts et les coûts de production.

En ce moment, 305 millions $ sont investis annuellement dans la FADQ, mais il faudrait le double, selon l'UPA.

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