« Pas de lieutenant, pas de caserne », résume le président du syndicat des pompiers de Gatineau, Stéphane Noël.
Le même phénomène que par les étés précédents - la pénurie de lieutenants - se produira, mais il pourrait être bien pire, cette fois-ci, prévient-il.
En conflit avec l'employeur, le syndicat s'attaque aux questions entourant la formation, l'horaire et les conditions de travail des lieutenants, responsables de la gestion quotidienne des casernes.
Semaines interminables
Selon le syndicat, la moitié des 36 lieutenants ne voudront pas revivre des semaines interminables, l'été prochain, « des 100, 140 heures par semaine à la caserne », pour palier aux absences des autres lieutenants partis en vacances. « Dans certains cas, c'est la famille ou le divorce, relate M. Noël. C'est un choix qu'ils auront à faire. Il y en a qui se font dire : 'Tu n'es jamais à la maison'. Les gars vont choisir leur famille. »
La situation va se réchauffer en même temps que le mercure, en 2010, avertit le syndicaliste. « Il va manquer de lieutenants dans les casernes. La ville va être fermée. Ça va être le chaos. »
Des mesures disciplinaires peuvent être entreprises contre les lieutenants qui ne se présentent pas au travail en contrevenant aux horaires établis par la direction. « Mais ils (les membres de la direction) ne peuvent rien dire si les lieutenants sont en congé de maladie. »
Si les prévisions de M. Noël se concrétisent, la moitié des neuf casernes de la ville risque la fermeture, quelque part entre le mois de mai et la fin juillet.
La Ville de Gatineau, par le biais de son service des communications, a dit réserver ses commentaires.
« Dans l'est, c'est plate »
Une promotion au titre de lieutenant entraîne une prime de 10 % sur le salaire d'un pompier régulier. Mais cette augmentation est un cadeau empoisonné, juge M. Noël.
« Quand tu deviens lieutenant remplaçant, tu n'as plus le choix d'aller dans la caserne dictée par l'employeur, constate M. Noël. Un lieutenant qui habite dans le secteur Aylmer et qui doit aller travailler à Buckingham va perdre son 10 % seulement qu'en essence. Les gens ne sont pas intéressés à devenir lieutenant. Si seulement on pouvait avoir le choix des casernes... », déplore le président du syndicat.
Les affectations à la caserne du secteur Buckingham-Masson-Angers sont les moins populaires pour une raison supplémentaire à la distance. « Personne ne veut aller dans l'est : c'est plate. Ca prendrait des mesures pour nous inciter à y aller. Mais quand même, les gars qui y vont, font leur travail. Ils font des pratiques pour s'occuper. »











