À l'heure actuelle, il faudrait environ qu'une centaine de nouveaux diplômés en pharmacie intègrent chaque année le réseau de la santé publique pour maintenir ses effectifs à flots. Les hôpitaux du Québec ont peine à recruter la moitié de ce nombre. C'est notamment le cas à Shawville, qui fonctionne avec un seul pharmacien alors qui lui en faudrait deux.
Il s'agit principalement d'une question de salaire, explique Linda Vaillant, directrice générale de l'Association des pharmaciens en établissements de santé (APES). Elle précise que les pharmaciens qui pratiquent en milieu hospitalier gagnent en moyenne 30 % moins que ceux qui se trouvent un emploi dans une pharmacie privée.
Problème criant en Outaouais
« Sur l'ensemble des pharmaciens du Québec, seulement 20 % choisissent de travailler dans les établissements de santé. Il en manque un sur cinq dans nos hôpitaux. En Outaouais, le problème est plus aigu car il en manque un sur quatre », de chiffrer Mme Vaillant, qui était de passage dans la région, hier, afin de rencontrer les membres de l'APES.
Mme Vaillant rappelle que les premiers symptômes de la pénurie de pharmaciens ont commencé à se manifester il y a une dizaine d'années. À l'époque, la pénurie frappait tant le secteur public que le secteur privé. Mais le secteur privé s'est rapidement rajusté, dit-elle, ce qui a laissé le secteur public loin derrière.
Un pharmacien peut être engagé dans une pharmacie à la fin de son baccalauréat et empocher dès lors un salaire annuel de près de 85 000 $. En revanche, un pharmacien en milieu hospitalier doit compléter une maîtrise de deux ans avant d'être embauché à un salaire de base de 63 000 $. Il atteindra le sommet de l'échelle salariale après six ans et gagnera alors un peu moins de 80 000 $.
« Ça fait des années qu'on fait des représentations à Québec pour que les choses changent. Ils sont au fait du problème mais rien n'a vraiment bougé », déplore Mme Vaillant.
Une enquête menée par l'APES dans 88 des 128 hôpitaux du Québec démontre que l'été dernier a été particulièrement difficile dans leurs pharmacies. Dans 45 % des hôpitaux, on a dû faire appel à des pharmaciens dépanneurs pour faire face à la pénurie. La prestation de certains traitements a même failli être interrompue dans certains hôpitaux, souligne Mme Vaillant.
Les pharmaciens hospitaliers du Québec doivent renégocier leur contrat de travail avec l'État l'an prochain.










