Le projet du promoteur Jacques Beaudry consiste à construire 200 maisons dans le prolongement du boulevard Saint-René Est, sur des terrains situés au sud de la rue Atmec. Le terrain visé a la particularité d'être une réserve foncière et il faut une modification au schéma d'aménagement, approuvée par Québec, pour donner le feu vert au projet.
Or le projet a été refusé une première fois par le ministère des Affaires municipales (MAM) en avril 2008, sous prétexte qu'il favorisait l'étalement urbain. Qu'à cela ne tienne, le conseil municipal a décidé hier de soumettre de nouveau le projet à l'approbation du MAM. Mais cette fois-ci, il sera accompagné d'un second rapport qu'on dit plus favorable que le précédent.
Le conseil municipal a entériné cette nouvelle tentative par un vote majoritaire hier soir.
Le maire Marc Bureau était contre le projet la première fois. Mais hier, il s'était rallié aux arguments du conseiller du district de la Rivière-Blanche, Yvon Boucher, qui compte sur la construction des 200 maisons pour « finir le quartier », débloquer Saint-René-Est et supprimer des problèmes de vandalisme dans le secteur.
Trois des principaux lieutenants du maire Bureau ne l'entendent pas de cette oreille. L'ex-présidente du comité consultatif d'urbanisme, Denise Laferrière, a continué de voter contre, tout comme Patrice Martin et Alain Riel, qui craint que le projet ne crée un dangereux précédent et ne vienne lui causer des ennuis dans le secteur d'Aylmer.
Riel ébranlé
Dans son district de Deschênes, Alain Riel compte des centaines d'acres de terrains classés comme des réserves foncières, notamment aux alentours de la forêt Boucher.
Ces terres sont convoitées par des promoteurs qui se font dire, depuis des années, que les terrains sont protégés par un zonage différé et qu'ils ne peuvent donc rien y construire.
« Ces gens-là, je leur dis d'attendre leur tour. Si on ouvre la porte dans le cas de (Saint-René-Est), ces gens-là qui attendent en ligne depuis des années vont venir cogner à la porte. Alors je pense qu'on fait fausse route en matière de développement durable. Je suis un peu ébranlé, d'autant plus qu'on doit réviser notre schéma d'aménagement dans quelques mois. »
Le maire Marc Bureau a défendu le projet. Contrairement à la première fois, il a pris le temps de se déplacer pour se faire une bonne idée du projet. « Je suis vraiment allé lors de la dernière élection municipale dans le quartier de M. Boucher et j'ai pu m'apercevoir que tous les services sont rendus là, de même qu'une école, une garderie, tout à côté de ce qu'on veut mettre comme 200 maisons », a-t-il expliqué.
Différent à Aylmer
Quant aux promoteurs qui pressent la Ville de Gatineau de débloquer le développement dans le secteur Aylmer, Marc Bureau est prêt à leur répondre. « À mon sens, ce sont des cas totalement différents [...] Dans le secteur Aylmer, il y a beaucoup de différé, mais c'est loin d'être acquis que les écoles sont là, que les services sont là. »











